vendredi , 21 février 2020
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Des Républicains indignés par l’annulation d’une conférence avec « Valeurs actuelles » à Sciences Po Lille

LIONEL BONAVENTURE via Getty Images

Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction à « Valeurs actuelles » devait participer à un débat sur la droite française à Sciences Po Lille mais sa présence a été jugée « pas souhaitable » par le directeur de l’IEP à cause de la condamnation du journal pour provocation à la haine. (photo d’illustration de Lejeune en avril 2019)

POLITIQUE – “Censure”, “dictature de la pensée”, “intolérance”. Plusieurs membres du parti Les Républicains sont montés au créneau ce lundi 20 janvier pour dénoncer l’annulation à Sciences Po Lille d’une conférence sur l’état de la droite à cause de la présence du directeur de la rédaction de “Valeurs Actuelles.”

Organisée par l’association de débats politiques “Arène” de l’IEP lillois, la conférence ”À droite où en sont les idées?” devait se tenir le 22 janvier en présence de deux invités: Charles Consigny, avocat et ex-chroniqueur de “On n’est pas couché” et Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire d’extrême droite “Valeurs actuelles”. 

La présence de ce dernier participant a cependant été jugée “pas souhaitable” par Pierre Mathiot, directeur de l’établissement. Dans un message publié sur le site de l’IEP, il explique sa décision par la condamnation en 2015 de “Valeurs Actuelles” pour “des faits particulièrement graves après la publication d’un dossier dont il avait été l’un des auteurs”. C’est-à-dire une condamnation pour “provocation à la discrimination, la haine ou la violence” et “diffamation”, assortie d’une amende de 3000 euros pour un dossier intitulé “Roms, l’overdose”. 

“Après avoir pris connaissance de ma décision, les organisateurs de la conférence ont estimé en conscience (…) qu’il n’était plus pertinent de maintenir cette conférence”, précise Pierre Mathiot. 

 

 

 “Censure” et “apprentis bolchéviques”

Sans surprise, cette décision a été condamnée par le principal intéressé Geoffroy Lejeune. “Je suis triste de ne pas pouvoir exprimer nos désaccords mercredi à Lille, mais nous trouverons bientôt un espace de liberté sans mini-censeurs et apprentis bolchéviques pour le faire”, a-t-il ainsi répondu sur Twitter à Charles Consigny, “consterné par la décision de Sciences Po Lille”. Dans un article sur le sujet, “Valeurs actuelles” a aussi évoqué une “censure” sous “la pression des syndicats de gauche”. 

Mais de nombreuses condamnations sont également venues de membres du parti Les Républicains, à commencer par Bruno Retailleau, patron du groupe au Sénat. “Jusqu’où ira cette passion pour la censure? Geoffroy Lejeune est un excellent journaliste, l’empêcher de venir à Science Po est purement lamentable. Nous devons combattre ce politiquement correct qui nous vient des campus américains”, s’est insurgé le sénateur sur Twitter

Dans la foulée, Éric Ciotti et Annie Genevard, vice-présidente LR à l’Assemblée, lui ont emboité le pas. “Une certaine censure idéologique s’empare de l’enseignement supérieur où des indigénistes et des hijab day sont préférés à des journalistes reconnus et talentueux”, s’est offusqué le député des Alpes-Maritimes.

 L’UNI, fédération de la droite dans les universités, a également dénoncé la “censure” tandis que son organe à Aix-Marseille a fait savoir aux deux invités qu’ils étaient les bienvenus pour un débat au sein de l’université. 

 




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