mardi , 22 octobre 2019
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Deuil national pour Chirac et « outils pédagogiques » à l’école

AFP

Partout en France ce lundi, une minute de deuil sera respectée à 15h en mémoire de l’ancien président Jacques Chirac.

EDUCATION – Diversement appréciée, l’initiative, fondée sur le volontariat, sera diversement appliquée. Ce lundi 30 septembre, jour de deuil national, les enseignants sont invités à évoquer pendant leur cours “la mémoire de l’ancien chef de l’Etat” Jacques Chirac, décédé jeudi dernier à l’âge de 86 ans.

“Les enseignants qui le souhaitent pourront consacrer un cours à l’évocation de la mémoire de l’ancien chef de l’Etat”, est-il écrit dans une circulaire du Premier ministre publiée vendredi au Journal Officiel. Pour guider les enseignants, le portail du ministère (Eduscol) a mis en avant des documents et des idées de sujets pouvant accompagner un cours consacré au président de la République.

Une sélection hagiographique et non-exhaustive puisqu’elle fait l’impasse sur les zones d’ombre du bilan politique de Jacques Chirac. On y trouve une biographie chronologique puis analytique du parcours de l’ancien président, les documentaires de Patrick Rotman retraçant son itinéraire, ses plus grands discours, son rapport à l’histoire de l’art. Mais aucune trace des affaires judiciaires qui ont parasité sa présidence et marqué la fin de sa carrière.

Son discours historique du Vel d’Hiv sur la responsabilité de Vichy dans la déportation ou l’inauguration du mémorial de la Shoah figurent en bonne place dans cette panoplie académique, tout comme la réconciliation avec l’Algérie et le refus de la guerre en Irak.

Accompagner la minute de silence

Le principe même d’accorder un temps spécifique à la mémoire de l’ancien président divise les enseignants. Sur les réseaux sociaux, plusieurs exprimaient ainsi leurs doutes quant à l’opportunité de cette proposition ministérielle, notamment à Rouen, où les inquiétudes restent vives quatre jours après l’incendie de l’usine Lubrizol. Ou encore à Pantin, où le suicide d’une directrice d’école, Christine Renon, mobilise parents d’élèves et enseignants.

“Je travaille en ce moment en Seconde sur l’Antiquité, en Première sur la Révolution française, et en Terminale sur la guerre d’Algérie… Quel intérêt pédagogique à amener le sujet Chirac comme un cheveu sur la soupe?”, témoignait en fin de semaine dernière à l’AFP un professeur du lycée Angela Davis de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) qui “ne répondra pas à cette injonction du ministère”.

“Un moment pédagogique”

A l’inverse, à Pontoise, dans le Val-d’Oise, une professeure d’histoire-géographie affirme qu’elle abordera lundi “avec (ses) Terminales l’ancien président à travers le discours sur la rafle du Vél’d’Hiv, dans le cadre du cours sur la seconde Guerre mondiale”.

“Cette unité, c’est aussi un moment pédagogique”, s’est défendu depuis Rouen le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, pointant que la seule obligation concernait la minute de silence programmée à 15 heures comme dans toutes les administrations..

“Il y aura un moment de recueillement dans tous les établissements scolaires de France”, a-t-on précisé au cabinet du ministre. “Bien sûr, on ne vivra pas ce moment de la même façon en primaire ou au secondaire”.




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