jeudi , 12 décembre 2019
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Dix ans de prison requis contre l’aînée des frères Clain

BENOIT PEYRUCQ via Getty Images

Dix ans de prison requis contre l’aînée des frères Clain, qui voulait gagner la Syrie (dessin représentant Anne Diana Clain à droite avec Mohamed Amri à ses côtés le 19 novembre 2019 à l’audience) 

TERRORISME – Le parquet de Paris a requis ce mercredi 20 novembre dix ans de prison contre Anne Diana Clain, sœur aînée de Fabien et Jean-Michel Clain qui furent les voix françaises du groupe Etat islamique, jugée pour avoir tenté sans succès de les rejoindre en Syrie entre 2015 et 2016.

La procureure a demandé que cette peine soit assortie d’une période de sûreté des deux tiers et d’un suivi socio-judiciaire de trois ans. Elle a également requis la peine maximale de dix ans contre son époux Mohamed Amri, un Tunisien de 58 ans.

Partis en août 2015, Anne Diana Clain, aujourd’hui 44 ans, Mohamed Amri, leurs trois enfants et son fils issu d’une précédente union, tous mineurs, avaient été interceptés à la frontière turco-syrienne en juillet 2016, puis expulsés en septembre 2016.

Un projet de départ en Syrie “mûrement réfléchi”

Un projet de départ en Syrie “certes avorté” mais “mûrement réfléchi”, inscrit dans une trajectoire familiale “incontestablement jihadiste”, à une époque où le groupe Etat islamique (EI) “enchaîne les attentats meurtriers” que les frères Clain “revendiquent clairement”, selon la procureure.

Anne Diana Clain, détenue depuis plus de trois ans, a assuré devant le tribunal correctionnel avoir été aveuglée par ses frères et l’idéologie de l’EI, dont elle assure être “sortie”. Elle a affirmé avoir mené un long “travail” en prison pour comprendre qu’il s’agissait d’une “idéologie fanatique” qui a “anéanti” sa famille. 

La procureure a dit “douter de sa totale sincérité”, estimant qu’Anne Diana Clain “se retranche derrière cet aveuglement” dans une “posture destinée à masquer sa dangerosité”.

La procureure a par ailleurs demandé l’interdiction définitive de territoire français de Mohamed Amri, qui a reconnu avoir joué un rôle dans la conversion à l’islam du clan Clain en 1999 mais nié toute implication dans leur radicalisation.

En dépit des déclarations de son épouse, il a nié avoir voulu s’installer en Syrie et avancé qu’il ne s’agissait que de rendre visite à leur famille, et éventuellement les “convaincre” de rentrer. Une version que la procureure n’a pas crue, pointant son “attitude de déni et d’obstruction”. Le jugement devrait être rendu dans la soirée.

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