vendredi , 25 septembre 2020
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En Californie, les libérations de détenus liées au Covid freinent la lutte contre les incendies

En Californie, des milliers de détenus viennent régulièrement en renfort aux pompiers. Mais avec la Covid-19, beaucoup ont obtenu une libération anticipée, éclaircissant les rangs des soldats du feu.

De vastes incendies continuaient ce dimanche de ravager la Californie, alors que des orages font craindre de nouveaux départs de feux et que des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées de chez elles. Les pompiers californiens, submergés, ont reçu des renforts d’hommes et de matériel venus de plusieurs États américains, notamment l’Oregon, le Texas, l’Arizona ou le Nouveau-Mexique.

Environ 200 hommes de la Garde nationale ont également été mobilisés, et environ 14.000 pompiers étaient à pied d’oeuvre dimanche. Ces renforts ont été nécessaires face à l’importance des incendies, mais également à l’absence de près de 2000 pompiers.

Plusieurs médias américains ont en effet relevé l’absence visible d’une partie des « pompiers-détenus », alors que la Californie est en proie aux flammes.

Les « pompiers-détenus »

Il s’agit de prisonniers qui effectuent pendant leur peine, certaines tâches avec les pompiers, et qui, une fois formés, peuvent notamment servir de renforts, par exemple sur les incendies. D’après plusieurs médias américains, sur ces plus de 3000 pompiers-détenus en Californie, seuls 1300 sont actuellement déployés.

En cause, la crise du coronavirus qui a traversé les murs des prisons californiennes, et conduit à des libérations anticipées afin d’éviter la propagation de la contamination. En France, par exemple, plusieurs milliers de détenus en fin de peine avaient aussi été libérés en avance pour faire baisser le taux de population carcérale.

Selon le New York Times, 112.436 détenus et gardiens ont été infectés par le coronavirus aux États-Unis, 825 en sont morts.

Ces programmes de « détenus-pompiers » peuvent être intégrés uniquement de façon volontaire, et ne sont pas ouverts à tous, comme les personnes condamnées pour infraction sexuelle, ou incendie criminel, précise le site du département californien des services correctionnels et de réadaptation.

« Les équipes d’incendie des détenus sont absolument essentielles pour réaliser un travail ardu sur nos incendies », a déclaré au New York Times Brice Bennett, un porte-parole de Cal Fire. « Ils sont une formidable ressource. »

Une main-d’œuvre pas chère

Ces brigades de centres de détention existent également en Arizona, en Géorgie, dans le Nevada ou encore le Wyoming, mais elles ne sont pas aussi importantes qu’en Californie, explique le quotidien. C’est pourquoi l’absence inhabituelle de ces renforts a été ressentie.

Ils sont payés entre deux et cinq dollars la journée, selon leur niveau de compétence, et un dollar par heure dans les interventions d’urgence, d’après les données de NPR. La chaîne locale KTVU estime que ce système, qui apporte aux pompiers des milliers de renforts, pour une paye modique, fait économiser « des dizaines de millions de dollars chaque année » à la Californie. Les opposants à cette organisation dénoncent l’exploitation d’une main-d’œuvre bon marché qui remplace le service public.

De son côté, la chaîne CNBC souligne également que les effectifs des pompiers ont aussi pu être éclaircis car certains sont tombés malades du coronavirus, ou que des équipes ont été mises en quarantaine. Pour faire face à ce manque de bras, en plus des renforts américains, le gouverneur californien Gavin Newsom a également sollicité des renforts de pompiers venus du Canada et de l’Australie.

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV


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