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Encore une mauvaise année pour les glaciers alpins

La surface du glacier d’Aletsch, en Valais, le plus grand des Alpes, diminue de plus de cinq mètres par année dans sa partie basse. Keystone / Anthony Anex

Malgré les températures relativement douces de cet été, les glaciers suisses continuent à fondre. Les images de deux photographes passionnés illustrent le changement en cours dans les Alpes.

Ce contenu a été publié le 24 août 2020 – 11:04

«La chaleur estivale typique de juillet n’a pas été particulièrement prononcée» en Suisse et le nombre de journées tropicales a été «sensiblement inférieur» à celui de juillet 2019.

Le bulletin mensuel de MétéoSuisse confirme ce qu’a perçu la population suisse: ces derniers jours mis à part, l’été en cours a jusqu’ici été épargné par les chaleurs accablantes que l’on avait connues les deux dernières années.

Bonne nouvelle pour les aînés, les malades, les femmes enceintes, soit les personnes les plus à risques. Et bonne nouvelle aussi pour ceux qui passent l’été en montagne, à observer l’étant de santé des glaciers alpins.

Matthias Huss, directeur du réseau des relevés glaciologiques suisse (GLAMOS) est l’un d’eux. Sur la base des mesures intermédiaires effectuées sur six glaciers, il relève que la situation cette année est meilleure que celle des dernières années extrêmes.

Cependant, «2020 peut aussi être considérée comme une mauvaise année pour les glaciers, en ce sens qu’on a observé une nette réduction de leur masse». Comparé aux deux dernières années, les températures de l’air ont été plus basses, mais le manteau neigeux à la fin de l’hiver – qui protège les glaciers des rayons du soleil – n’était pas aussi épais, constate Matthias Huss.

Un changement qui se voit sur les images

Depuis 1850, le volume des glaciers alpins a diminué de presque 60%. Selon une étude de l’Université d’Erlangen-Nuremberg, publiée dans la revue Nature Communication, la plus grande perte de masse glaciaire a été enregistrée dans les Alpes suisses.

«La Suisse a les plus grands glaciers, mais aussi le taux de fonte le plus élevé», a commenté Christian Sommer, du Département de géographie, coauteur de l’étude. Par exemple, la surface du plus grand glacier des Alpes, celui d’Aletsch, en Valais, diminue de plus de cinq mètres par année dans sa partie la plus basse.

Mais les chiffres à eux seuls ne suffisent pas à comprendre ce qui se passe dans les montagnes et de quelle manière le recul des glaciers modifie le paysage et tout l’écosystème alpin. C’est pourquoi les photos de glaciers prises à quelques années de distance sont d’une grande valeur. Par exemple, les images de Daniela et Simon Oberli, qui depuis plus de dix ans, documentent, sur leur site GletscherVergleiche.ch, les changements de nombreux glaciers suisses.

Glacier du Rhône, Valais, 2’210 mètres d’altitude. Photos prises le 28 juin 2007 (en haut) et le 5 juillet 2019. Simon Oberli, GletscherVergleiche.ch / SwissGlaciers.org
Glacier du Lang, Valais, 2’068 mètres d’altitude. Photos prises le 16 octobre 2006 (en haut) et le 22 août 2016. Simon Oberli, GletscherVergleiche.ch / SwissGlaciers.org
Glacier du Gries, Valais, 2’500 mètres d’altitude. Photos prises le 19 août 2003 (en haut) et le 27 septembre 2018. Simon Oberli, GletscherVergleiche.ch / SwissGlaciers.org

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