dimanche , 27 septembre 2020
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Gilets jaunes: Darmanin révise l’armement de la police

MEHDI FEDOUACH via Getty Images

Des policiers photographiés le 26 novembre 2019 à Bordeaux, à l’occasion du premier anniversaire du mouvement protestataire. Sur la droite, le fonctionnaire de police s’apprête à tirer avec son LBD.  

POLITIQUE – Alors que le rassemblement des gilets jaunes prévu ce samedi à Paris s’annonce tendu, au point que la préfecture de police de Paris a pris ses précautions, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a fait savoir ce vendredi 11 septembre que la police se conformera dorénavant à de nouvelles règles pour éviter les risques de violences et de bavures. 

Des nouvelles méthodes qui concernent notamment le très contesté Lanceur de balles de défense, dit LBD. “Dès demain”, chaque tir devra avoir été fait sous le contrôle d’un “superviseur” après évaluation de la situation et de la cible. Pour le successeur de Christophe Castaner, il s’agit de “diminuer le nombre de violences et de blessés lors des manifestations, qu’il s’agisse de violences touchant les forces de l’ordre ou les citoyens qui sont là”. 

Autre nouveauté, l’utilisation dès samedi de nouvelles grenades de désencerclement, jugées moins dangereuses que celles utilisées ces derniers mois, à l’origine de plusieurs blessures graves lors de précédentes manifestations de gilets jaunes. “Un nouveau modèle offrant moins de projectiles en hauteur”, a précisé le ministre de l’Intérieur. 

Ces annonces interviennent la veille d’un retour annoncé des gilets jaunes, dont les rassemblements débouchent (très souvent) sur des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Une façon pour Gérald Darmanin d’envoyer une sorte de signal d’apaisement aux gilets jaunes, tout en dotant les policiers de moyens de répliquer en cas de prise à partie.  

“Dans notre démocratie, chacun peut exprimer ses opinions, se réunir librement, manifester sur la voie publique, en exerçant ses droits politiques dès lors qu’ils ne troublent pas l’ordre public. La violence ne sera jamais un moyen d’action”, a déclaré le ministre de l’Intérieur, qui s’exprimait dans le cadre de la cérémonie d’installation officielle de la nouvelle cheffe des CRS Pascale Regnault-Dubois.

Cette évolution de la “doctrine du maintien de l’ordre” marque également une (relative) rupture avec le précédent ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, accusé au plus fort de la crise des gilets jaunes d’avoir durci la ligne et d’avoir contribué à la tension entre policiers et manifestants.

À noter que, pour le moment, Gérald Darmanin n’a pas rompu avec une autre technique tout aussi controversée: celle de la “nasse”. Dénoncée notamment par l’ex-défenseur des Droits Jacques Toubon, cette méthode a également été accusée de générer de la panique chez les manifestants et donc, de provoquer de la violence. Ce que le reporter du HuffPost a plusieurs fois pu constater sur le terrain, la mesure conçue comme exceptionnelle s’étant généralisée ces dernières années. 

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