vendredi , 11 décembre 2020
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Greenpeace dénonce des failles de sécurité à Flamanville, documents secrets à l’appui

NUCLEAIRE – L’ONG Greenpeace a dénoncé dimanche des failles dans la sécurité du chantier du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche), affirmant avoir pu consulter des documents confidentiels et détaillés sur la protection du site.

“Greenpeace France a eu accès à plusieurs milliers de pages de documents, comprenant des plans précis du site de l’EPR de Flamanville, la localisation des caméras de sécurité ou encore des descriptions du système électronique de surveillance”, indique-t-elle dans un communiqué.

L’ONG hostile à l’énergie nucléaire dit avoir reçu ces documents “sans sollicitation, recherche ou investigation de la part de l’association, par une personne qui n’avait aucune raison professionnelle d’y accéder, ne travaillant ni de près ni de loin pour l’industrie nucléaire”.

Pour Greenpeace, cela prouve que ces informations circulent librement et qu’elles auraient pu facilement être communiquées à un groupe violent. “On peut alors imaginer la possibilité d’une intrusion, d’un sabotage de chantier ou d’un vol de matières radioactives”, avance l’association.

“Une fuite de documents confidentiels d’une telle ampleur atteste de défaillances structurelles: avec la multiplication des entreprises sous-traitantes, EDF ne maîtrise plus la circulation de l’information et donc la sécurité de ses installations”, juge Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace France, qui a par ailleurs transmis ces documents à Mediapart. 

L’ONG conclut qu’il serait “totalement irresponsable, dans ces conditions, de poursuivre les livraisons de combustible nucléaire sur le site de Flamanville”.

“Le fait de disposer des plans de la ZAC de Flamanville ou encore de disposer de l’emplacement des caméras ou de détecteurs n’est pas une information protégée ni classifiée, puisque ces informations sont visibles et peuvent être constatées à l’œil nu par tout un chacun sur les sites”, a réagi de son côté EDF.

Le producteur d’électricité rappelle par ailleurs que des personnels habilités peuvent avoir accès à des informations classifiées selon certaines règles précises.

“Le Code pénal encadre les atteintes au secret de la défense nationale, notamment le délit de compromission qui porte autant sur la divulgation que sur la communication d’informations classées secret défense et le fait d’en prendre connaissance ou possession, sans habilitation ou légitimité”, souligne encore EDF.

Le chargement du combustible nucléaire dans le réacteur est actuellement prévu pour la fin 2022, après de nombreux retards et surcoûts. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait autorisé en octobre l’arrivée du combustible sur le site.


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