dimanche , 27 septembre 2020
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Grèves en Biélorussie : “J’irai jusqu’au bout”


Ouvrier à l’usine d’État de tracteurs de Minsk, Sergueï Dylevski, 30 ans, est devenu chef du comité de grève de son entreprise le 14 août. Un peu par hasard, beaucoup par lassitude du régime d’Alexandre Loukachenko. Entretien.

NOVAÏA GAZETA : Vous aimez travailler à l’usine ?

SERGUEÏ DYLEVSKI : J’aime bien. Mon rêve a toujours été de travailler avec les voitures et les motos. J’essaie d’ailleurs de réaliser ce rêve, c’est pourquoi en rentrant de l’usine je travaille sur mon projet, dans mon garage, dans la mesure de ce que me permet mon salaire. Tout emploi est agréable si l’environnement est bon, j’ai des collègues sympas, j’aime échanger avec eux, malgré un travail qui, en soi, est répétitif. Dans notre usine, nous sommes assez bien payés pour la Biélorussie. Les grèves, les débrayages et les tentatives de blocage de la production ne sont pas dus à des problèmes économiques, mais politiques.

Cela fait longtemps que vous avez ce tatouage du Pahonie* ?Pour moi, c’est un symbole de lutte. J’ai pu voter pour la première fois en 2010, j’avais 20 ans ; j’avais voté pour le poète et homme politique Vladimir Nekliaev. Depuis, on me vole ma voix.

Vous étiez descendu dans la rue à l’époque ?Oui, j’y étais. En 2015, j’ai voté contre tous parce qu’il n’y avait aucun candidat en qui j’avais confiance. À l’époque, la réélection de Loukachenko n’avait pas vraiment indigné les gens parce que le monde avait peur de vivre le même scénario qu’en Ukraine [la révolution de Maïdan en 2014]. Et puis voilà, le 9 août, on m’a encore volé ma voix.

Donc, vous êtes un opposant expérimenté ?Je ne me considère pas comme un membre de l’opposition, mais je suis contre ce système. Contre l’injustice, contre ces lois qui protègent trop bien les proches du pouvoir et jamais les simples citoyens. Je ne suis ni communiste, ni libéral, ni démocrate, mais en tant que simple citoyen, je n’aime pas ce que fait le pouvoir.

En somme, peu importe pour qui voter, pourvu que ce ne soit pas Loukachenko ?Non, lors d’une campagne électorale, je choisis de voter pour un candidat capable de diriger le pays. Le 9 août, j’ai voté pour Svetlana Tikhanovskaïa.

Je ne suis pas certain qu’elle soit capable de diriger le pays.Elle n’est absolument pas capable de diriger le pays, mais Tikhanovskaïa est un symbole, et j’espère que son équipe parviendra à organiser de nouvelles élections. J’ai confiance, je crois vraiment en elle. C’est d’abord son mari, le blogueur Sergueï

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Propos recueillis par Ilia Azar

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