lundi , 28 septembre 2020
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Il est impossible d’avoir la tête au travail quand le monde s’embrase

″Je me suis rendu compte que si je m’accorde cinq petites minutes pour souffler ou méditer quand je me sens dépassée, si je prends ce temps pour moi, je suis dans les meilleurs dispositions possibles pour poursuivre ma journée”, poursuit-elle.

Pour Kristin Bianchi, il est absolument essentiel que les personnes actives acceptent qu’en se concentrant sur leur santé, elles auront moins d’énergie à consacrer à leurs tâches professionnelles.

“Faites preuve d’indulgence envers vous-même”, conseille-t-elle. “Quand on accepte que les facteurs conjoncturels vident nos batteries, on risque moins de s’en vouloir si la qualité de notre travail ou notre productivité baisse.”

Selon elle, il faut que les personnes actives cernent leurs limites et sachent ce qu’elles sont en mesure de faire ou non pour leur employeur en ce moment.

“Les conditions évoluent, et certains projets sont susceptibles d’être modifiés ou annulés brutalement. Plus on communique ces paramètres de manière claire, calme et neutre, moins le changement sera stressant quand il adviendra.”

Contacter des personnes qui corroborent votre expérience des crises actuelles peut aussi vous aider

Lara Hogan estime qu’il a été utile de communiquer sur les réseaux sociaux avec d’autres habitants de Portland qui pouvaient témoigner de ce qu’elle vivait et lui dire: “Oui, c’est vraiment aussi terrible que ça” ou “la situation est désespérée et terrifiante”.

Trouver une communauté qui favorise votre bien-être est primordial, car il est avéré que vivre une crise climatique nuit à la santé mentale. Katie Hayes, chercheuse spécialisée dans les effets psychologiques du changement climatique, a démontré que les phénomènes météorologiques extrêmes (plus fréquents et intenses du fait du réchauffement climatique) peuvent exacerber les maladies mentales et engendrer, entre autres symptômes, trouble de stress post-traumatique, anxiété, dépression, sentiment d’épuisement et de stagnation, ou encore traumatisme par procuration.

Il faut que les gens parlent de ces événements, qui “peuvent être des déclencheurs et engendrer un sentiment de perte, de l’anxiété ou la dépression”, préconise-t-elle. “Plus on en parle, plus on se rend compte qu’ils ont bien des points communs et que beaucoup de monde est confronté au même problème.”

Si l’état de l’environnement vous rend anxieux ou triste, il existe des lieux où entrer en contact avec les autres. Katie Hayes cite par exemple les “cafés sur le climat”, des groupes de discussions où les gens peuvent s’entretenir du changement climatique avec un public réceptif. En France, sur Facebook, des refuges pour éco-anxieux voient le jour. L’un dees groupes les plus populaires sur ce thème est sans doute “La collapso heureuse”.

Libérer la parole

Selon elle, avoir un espace de soutien en ligne est particulièrement nécessaire en ce moment, avec la distanciation physique à laquelle sont soumises les populations.

Les personnes actives peuvent se sentir libérées quand leurs employeurs reconnaissent que l’entreprise n’a pas de solution toute faite à offrir à ceux qui ont du mal à se concentrer ces temps-ci. “Ce n’est pas une méthode d’organisation personnelle, ni un partenaire responsable, ni une semaine de travail de quatre jours qui va régler le problème”, avance Lara Hogan.

Au lieu de se servir de telles solutions pour faire des petits progrès, par étapes, les entreprises font le bon choix en abandonnant les évaluations. Après tout, comme l’a déclaré un Pdg à la Society for Human Resource Management: “Comment peut-on évaluer quelqu’un qui n’est pas en mesure de travailler dans des conditions habituelles?”

Si vous gérez vous-même une équipe, il est utile de faire au moins le constat suivant devant elles: “Nous sommes dans une situation très étrange, et totalement inédite.”

Cet article, publié sur le HuffPost américain, a été traduit par Laure Motet pour Fast ForWord.


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