lundi , 28 septembre 2020
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« Il faut anticiper la possibilité d’une seconde vague »


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Alors que la perspective d’une seconde vague de Covid-19 inquiète l’Europe, France 24 fait le point sur les dernières informations concernant la pandémie avec Antoine Flahault, épidémiologiste, directeur de l’institut de santé globale à l’université de Genève.

Seconde vague, possibilité d’une double infection, vaccin… La pandémie de Covid-19 continue de préoccuper la planète en cette fin d’été 2020. France 24 fait le point avec l’épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l’institut de santé globale à l’université de Genève.

Faut-il s’inquiéter d’une seconde vague ou relativiser l’augmentation des cas détectés au vu du nombre de tests effectués ?

On a jamais testé autant de personnes. En France, ce sont près de 100 000 tests qui sont réalisés chaque jour. C’est inédit. Et ce que l’on voit n’est pas grave. La plupart des cas sont bénins ou asymptomatiques. On scrute de près un éventuel passage vers des populations à risque, notamment les personnes âgées. Si cela devait arriver, cela entraînerait de nouvelles hospitalisations et la situation deviendrait alors préoccupante.

Pour l’instant, en Europe, l’Espagne commence à nous préoccuper car il y a une remontée des hospitalisations. Mais, globalement, on est encore dans la décrue de l’épidémie qui s’est prolongée durant l’été. Cependant, la circulation du virus n’a jamais été totalement arrêtée.

On ne dispose pas d’éléments de comparaison car en janvier et février, on n’effectuait pas autant de tests. Personne n’est capable de prédire ce qui va se passer dans un mois avec les modèles mathématiques actuels. On ne peut que se préparer à la possibilité d’une seconde vague.

À Hong-Kong, un homme aurait été testé positif quatre mois après sa première infection. Que dit cette possible réinfection sur la virulence du virus ?

Nous ne disposons pour le moment que du communiqué de presse et non de l’article scientifique en lui-même. Toujours est-il que le fait qu’il y ait une seule surinfection sur 24 millions de cas documentés de Covid-19 montre que c’est quelque chose de très rare, voire exceptionnel.

>> À lire aussi : Pourquoi le premier cas de réinfection au Covid-19 n’inquiète pas les scientifiques

Une réinfection, c’est quelque chose qui se produit avec tous les virus. Cela peut-être entraîné par une baisse des défenses immunitaires. Ce n’est pas inédit dans l’histoire de l’infectiologie. Si c’était fréquent dans le cas du Covid-19, il y aurait déjà beaucoup plus de cas documentés. Je ne suis pas très préoccupé par cette information.

En cas de découverte de vaccin, faudra-t-il se faire vacciner tous les ans comme pour la grippe ?

Rien ne permet d’affirmer aujourd’hui que le Covid-19 ressemblera à la grippe et mutera à chaque saison. Le virus de la grippe est un virus qui mute énormément et ses mutations atteignent les zones qui génèrent l’immunité du corps humain. Le Covid-19 n’a pour le moment que très peu muté lui et ces mutations ne semblent pas avoir beaucoup d’effet sur la transmission ou sur la contagion, même si il y a des débats d’experts en cours sur le sujet. C’est la science.

Retrouvez l’interview complète en vidéo ci-dessus.


Retrouvez cet article sur : AFP