samedi , 19 octobre 2019
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Jean-Paul Delevoye annonce son entrée au gouvernement

Gonzalo Fuentes / Reuters

Le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye intègre le gouvernement pour définir et défendre la future réforme.

RETRAITES – Du côté de la majorité, on parlera davantage de “réaménagement” que de “remaniement”. Toujours est-il que l’équipe gouvernementale s’agrandit à compter de ce mardi 3 septembre avec la nomination de Jean-Paul Delevoye au titre de haut-commissaire à la réforme des retraites, auprès de la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Si l’annonce n’a pas encore été officialisée, l’ancien ministre de Jacques Chirac, qui fut aussi un des premiers soutiens de droite d’Emmanuel Macron, a vendu la mèche au quotidien La Voix du Nord. Et dans les faits, cela ne devrait pas changer grand chose. “Je garde la même équipe, le même lieu, pour être l’interlocuteur privilégié des partenaires et écrire la future loi”, précise-t-il au quotidien régional. “Nous sommes dans le même couloir, son bureau est à côté du mien, nous nous voyons tous les jours”, avait souligné Agnès Buzyn fin août, estimant qu’il n’y aurait “pas de changement” à ce fonctionnement si Jean-Paul Delevoye entrait au gouvernement. 

Cette promotion toute symbolique de l’actuel haut-commissaire à la réforme des retraites, qui a déjà piloté la première phase de concertation autour de ce dossier emblématique et signé un rapport de préconisations, était attendue avant la deuxième étape de concertation qui doit s’ouvrir en fin de semaine. Le Premier ministre Edouard Philippe lancera en effet jeudi et vendredi à Matignon une nouvelle phase de discussion  en recevant syndicats et patronat. Un processus de “concertation citoyenne” doit ensuite être lancé à l’automne.

Une réforme encore à définir

C’est donc Jean-Paul Delevoye, un fidèle de la première heure du chef de l’Etat, qui pilotera encore et toujours l’ambitieux (et épineux) projet de réforme des retraites. Le suspense demeure d’ailleurs quant à son contenu définitif. Dans son rapport présenté mi-juillet, Jean-Paul Delevoye préconisait la mise en place, à partir de 2025, d’un “système universel” de retraites par points fusionnant les 42 régimes existants. Il avait recommandé de fixer un “taux plein” à l’âge “pivot” de 64 ans pour tous, assorti d’un système de décote/surcote. Mesure unanimement dénoncée par les syndicats de travailleurs.

Emmanuel Macron a toutefois relancé les spéculations en disant préférer “un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l’âge” de départ, tout en affirmant que “rien” n’était “décidé” à ce stade. Une ouverture interprétée comme un geste d’apaisement adressé aux syndicats réformistes, à commencer par l’incontournable CFDT.

“La position d’Emmanuel Macron fait partie du débat. La loi s’écrit en marchant. Il faut considérer que la solution est à trouver entre deux”, relativise le Haut commissaire auprès de La Voix du Nord.




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