mardi , 28 janvier 2020
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La biologie nous dit comment affronter Boris Johnson

AFP

Le Premier ministre et chef du Parti conservateur britannique Boris Johnson prononce un discours après avoir conservé son siège de député d’Uxbridge et de Ruislip South au centre de comptage d’Uxbridge, à l’ouest de Londres, le 13 décembre 2019.

C’est fait. Boris Johnson a gagné haut la main et le Brexit va se faire. C’est la victoire d’une nouvelle espèce d’animal politique. Il passe en flip-flop du sérieux à la dérision, comme certains lipides passent d’un côté à l’autre des membranes de nos cellules et en assurent la fluidité. Du coup, il glisse facilement entre les écueils. Il entraîne son pays dans un enthousiasme populaire et un rebond économique qu’on sent déjà. Ajouter à cela un doigt de fierté britannique…

Et nous? L’Europe est brutalement amputée, déséquilibrée, engluée dans sa bureaucratie et son absence dramatique de vision d’avenir. La biologie dans son foisonnement et son adaptabilité perpétuellement renouvelée peut nous aider à y voir clair. Aujourd’hui de ce côté-ci de la manche, nous sommes comme une faune surannée soudain en face d’une espèce invasive. Des petits Johnson plus ou moins exotiques et envahissants vont éclore ici et là dans ce qu’il reste de l’Union avec une forte tendance à se multiplier: exactement comme les tortues de Floride sont venues à l’assaut de nos bonnes vielles cistudes!

 

 

La concurrence va être rude car Boris, indéniablement, a inventé quelque chose de nouveau et les Anglais sont les rois de l’export de leurs inventions. Du football aux antibiotiques, ils savent faire. Mais ce que nous apprend la biologie c’est qu’en face d’une espèce envahissante, la biodiversité est le meilleur atout de la résilience et de l’équilibre. C’est grâce à elle que des réassemblages génétiques peuvent émerger et permettre aux espèces autochtones d’évoluer et de persister. Suivons cet exemple, appuyons-nous sur la diversité des membres de l’Union pour laisser y éclore de nouvelles formes de gouvernance, d’alliances, de représentativité des populations qui vont nous renforcer. Soyons foisonnants et sans contrainte, nous-aussi, grâce à nos différences. Donnons sa chance à la multiplicité de l’esprit européen, ses génies divers, sa force multiplicatrice. Après tout n’est-ce pas aussi parce que le Royaume-Uni est un assemblage de peuples divers qu’il est autant capable quand il le faut d’unité et de résistance pour s’opposer aux invasions, depuis les animaux porteurs de la rage, jusqu’aux hordes nazies?

 

 

Boris Johnson ne remet en cause aucune des valeurs démocratiques de l’Union Européenne mais il va nous forcer à puiser en nous-mêmes pour en trouver de nouvelles qui assureront notre avenir commun. L’Union Européenne a bien publié en 2008 une stratégie de lutte de contre les espèces envahissantes, mais elle s’est à l’usage révélée bien inefficace….Il faut s’y remettre d’urgence! Le Royaume-Uni reste à notre porte mais il est aussi à notre portée!

 




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