mercredi , 20 novembre 2019
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La chute du mur de Berlin racontée par les abonnés de France 24


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Le mur de Berlin est tombé le 9 novembre 1989. Trente ans plus tard, nous avons demandé aux abonnés de France 24 sur les réseaux sociaux à travers le monde leurs souvenirs de cet événement historique.

La chute du mur de Berlin a marqué les esprits en Europe mais pas seulement. À Madagascar, au Bénin ou encore au Togo, en ville et à la campagne, ce moment historique a laissé une empreinte indélébile, comme en témoignent les téléspectateurs de France 24 qui ont répondu à notre appel à témoignages. « Passionné d’histoire depuis ma tendre enfance, je n’ai rien oublié de cet événement, même si j’étais un petit Africain perdu dans une brousse », raconte Patrick Kossou. Ce père de famille de 41 ans, qui vit à Cotonou, au Bénin, habitait à l’époque dans le centre du Togo, dans un village d’environ 300 habitants, auprès de son père enseignant.

Quand il a entendu parler de la chute du mur de Berlin, l’abonné de notre page Facebook était âgé de 11 ans. « Il n’y avait ni réseaux sociaux, ni électricité, ni même eau courante, mais mon maître d’école nous répétait sans cesse qu’un événement majeur allait se produire », se souvient-il.

« Les ponts plus importants que les murs »

Cet « événement majeur » s’est produit le 9 novembre 1989. Le Mur édifié par le bloc soviétique séparait alors l’Ouest de l’Est depuis 28 ans, 2 mois et 27 jours. Au Bénin, Deoly Johnson Boris Hounnou n’avait que 5 ans, mais cette période de l’Histoire l’a fortement marqué. « Ce ne sont pas des souvenirs, mais des larmes, de honte avant la chute et de joie ensuite. Vous savez pourquoi ? On m’a enseigné que le mur de Berlin avait détruit l’Allemagne », évoque-t-il.

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La chute du Mur a immédiatement suscité un sentiment d’euphorie. « C’était un plaisir de voir un pays divisé se réunir. On nous avait inculqué que les ponts étaient plus importants que les murs », souligne Patrick Kossou. Les Allemands ont commencé à se rassembler, à grimper sur le Mur et à le détruire avec les moyens du bord, voire même à coups de marteau.

Des images marquantes visionnées à des milliers de kilomètres de Berlin, comme à Madagascar. « Le poste de télévision n’étant pas encore répandu dans le pays, surtout à Manakara où on était, quelques parents s’étaient massés devant le nôtre », raconte Garry Bob Fock Sin, qui a étudié au lycée français de Tananarive. Ce fidèle téléspectateur de France 24 garde des souvenirs de la population Ouest de Berlin en train de briser le mur.

« Chaque 9 novembre, je me replonge dans le passé »

Une séquence en particulier a fait le tour des postes de télévision et plusieurs de nos abonnés n’ont pas manqué de le faire remarquer. « Rostropovitch jouant au pied des décombres », commente sur Facebook Jacqueline Delhalle, en référence au célèbre concert improvisé du violoncelliste russe, le 11 novembre 1989.

Le musicien s’installe au pied du mur, au niveau du fameux « Check Point Charlie », sur une chaise empruntée dans une maison voisine, et interprète les suites de Bach. « Inoubliable », commente Nicole Monnot sur Facebook. Un instant de célébration mais aussi d’hommage. Avant que le Mur tombe, au moins 140 personnes ont trouvé la mort en essayant de le franchir pour fuir vers l’Ouest.

« Chaque 9 novembre, je me replonge dans le passé et me revois assis sur les bancs de l’école », confie Patrick Kossou. Chacun a vécu ce moment dans son pays, avec sa sensibilité et sans l’oublier. Pour Nadine Bouin, qui vivait à l’époque dans une ferme isolée de Loire-Atlantique, en France, cette date est synonyme d’une émotion brute. « Quand j’ai vu le mur tomber, explique-t-elle, j’ai vu des choses humaines, des gens qui se retrouvaient. » Elle avait 16 ans.

Transmettre ses souvenirs

Le prisme des réseaux sociaux n’existait pas encore. « On n’était pas dans la surinformation », souligne l’abonnée de France 24 sur Instagram. Les données étaient transmises par la télévision, la radio mais aussi d’une génération à l’autre. « Mes parents m’avaient dit que le Mur avait été construit en une nuit. Plein d’informations remontaient de l’échange intergénérationnel », note Nadine Bouin, qui vivait alors avec grands-parents et arrière-grands-parents.

Transmettre ses souvenirs relève du devoir pour cette mère de 46 ans. « L’histoire sert à aider le présent et à travailler sur l’avenir. Si on n’en parle pas, on ne pourra pas raccrocher ce wagon de jeunes qui vivent avec le monde virtuel, comme mon fils de 9 ans par exemple. »

Plus qu’un événement, la chute du mur est devenue un symbole. « Un moment très fort pour beaucoup de gens en Europe, un véritable espoir pour l’avenir et un réel élan de fraternité pour reconstruire la famille européenne », observe Lauriane Barbe sur Facebook. Un symbole d’autant plus fondamental dans un contexte de montée des nationalismes en Europe et dans le monde.


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