samedi , 25 janvier 2020
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La Commission électorale espagnole ordonne la destitution du président catalan Quim Torra


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La Commission électorale espagnole a ordonné vendredi que l’indépendantiste catalan Quim Torra soit déchu de ses fonctions de député régional à la suite de sa condamnation pour « désobéissance », ce qui impliquerait qu’il perde la présidence de la Catalogne.

La Commission électorale espagnole a ordonné vendredi 3 janvier la destitution du leader catalan Quim Torra de ses fonctions de député régional, à la suite de sa condamnation à 18 mois d’inéligibilité pour « désobéissance ». L’indépendantiste perdrait par conséquent la présidence de la région de Catalogne.

Dans un communiqué, la commission indique avoir décidé que « le mandat de député élu au Parlement catalan (…) de Quim Torra soit sans effet », une décision qui sera effective dans les prochains jours, lorsqu’elle sera publiée.

Or, selon le statut d’autonomie de cette région du nord-est de l’Espagne, son président doit être un député régional.

Cette décision fait suite à la condamnation de l’indépendantiste le 19 décembre à 18 mois d’inéligibilité par la justice espagnole pour « désobéissance ». Il avait refusé d’obéir à l’ordre de la Commission électorale de retirer des emblèmes indépendantistes de la façade du siège du gouvernement régional pendant une campagne électorale.

Quim Torra, en soutien duquel un millier de personnes ont manifesté devant le siège du gouvernement régional à Barcelone, a dénoncé vendredi soir un « nouveau coup d’État contre les institutions catalanes ». « Je présenterai tous les recours possibles contre cette décision autoritaire et complètement irrégulière », a-t-il dit, avant d’annoncer la convocation d’une session plénière du Parlement catalan le 4 janvier.

Selon lui, la seule instance pouvant le destituer de ses fonctions de président régional est ce même Parlement catalan, contrôlé par les indépendantistes.

La condamnation judiciaire à l’encontre de M. Torra n’est pas définitive car ce dernier a fait appel devant la Cour suprême. Sans toutefois attendre la décision définitive de la justice, la Commission électorale a donné raison aux partis de droite et d’extrême droite qui lui demandaient que M. Torra soit destitué.

Cette décision de la Commission électorale intervient dans un contexte politique lourd en Espagne, à la veille du débat d’investiture du socialiste Pedro Sanchez au Parlement espagnol.

Le Premier ministre sortant était assuré d’être reconduit au pouvoir depuis que le parti indépendantiste catalan ERC, qui gouverne la région avec le parti de M. Torra, lui a apporté jeudi 2 janvier son soutien.

Ce parti, critiqué par les autres formations indépendantistes pour avoir accordé ce soutien à M. Sanchez, a annoncé la convocation d’une réunion samedi pour analyser l’ordre de destitution de M. Torra.

Le Parti socialiste de M. Sanchez a exprimé, par la voix d’Adriana Lastra, l’une de ses dirigeantes, ses « doutes sérieux » sur la « compétence de la Commission électorale » à prendre une telle décision contre le leader catalan.

Avec AFP


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