samedi , 19 octobre 2019
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La Corée du Nord veut reprendre les négociations avec les États-Unis « fin septembre »

KCNA KCNA / Reuters

Donald Trump, son secrétaire d’État Mike Pompeo et Kim Jong Un et son misnitre des affaires étrangères Ri Yong-ho en juin 2019, lors d’une rencontre imprévue dans la zone démilitarisée entre les deux Corées. 

INTERNATIONAL – La Corée du Nord a dit ce lundi 9 septembre être prête à reprendre fin septembre les négociations avec les États-Unis, qui sont au point mort depuis février, quand Donald Trump et Kim Jong Un avaient échoué à trouver un accord sur la dénucléarisation nord-coréenne.

“Nous voulons nous retrouver en face-à-face avec les États-Unis fin septembre, à une date et en un lieu dont nous pouvons convenir”, a déclaré la vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères Choe Son Hui dans un communiqué diffusé par l’agence de presse officielle KCNA.

La période évoquée par Pyongyang coïncide avec l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, qui se tient la dernière semaine de septembre à New York et réunit des dirigeants du monde entier. Mais il n’est pas encore clair si une rencontre entre le négociateur américain Stephen Biegun et ses homologues nord-coréens pourrait avoir lieu à cette occasion.

“Je dis toujours qu’il est bon de se rencontrer”, “voyons ce qui va se passer”, a répondu Donald Trump, interrogé par la presse sur l’offre nord-coréenne. Il a saisi l’occasion pour souligner une fois de plus sa “très bonne relation” avec le numéro un du régime nord-coréen.

Interrogé par l’AFP, le département d’État américain a assuré n’avoir aucune réunion à annoncer à ce stade. Mais l’administration Trump a multiplié les appels à la relance des pourparlers.

Stephen Biegun, dont les entretiens avec ses homologues nord-coréens se comptent sur les doigts des deux mains depuis sa nomination il y a près d’un an, avait ainsi exhorté vendredi Pyongyang à cesser de faire “obstacle” aux négociations avant qu’il ne soit trop tard. “Nous avons fait clairement savoir à la Corée du Nord que nous sommes prêts à discuter dès qu’ils nous feront signe”, avait répété l’émissaire américain, proposant de “lancer un cycle intensif de négociations”.

De son côté, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait dit dimanche avoir “bon espoir” d’un retour à la table des négociations “dans les prochains jours ou semaines”.

Après une dangereuse montée des tensions, les deux pays ont entamé un dialogue inédit depuis la rencontre historique de Donald Trump et Kim Jong Un en juin 2018 à Singapour. Mais leur deuxième sommet, en février à Hanoï, s’est soldé par un échec: le président américain a refusé de commencer à lever les sanctions en échange d’un simple début de désarmement nucléaire proposé par le dirigeant nord-coréen.

Pyongyang demande à Washington “une stratégie acceptable”

Les négociations sont depuis à l’arrêt, malgré l’annonce d’une relance imminente faite par les deux hommes lors d’un troisième entretien plus improvisé, fin juin à la frontière entre les deux Corées.

Au cours de l’été, Pyongyang a au contraire multiplié des tirs de missiles de courte portée, qualifiés de “provocations” par des responsables américains ― même si Donald Trump s’est montré nettement plus conciliant. Les autorités nord-coréennes ont haussé le ton, protestant contre les manoeuvres militaires conjointes entre Washington et Séoul qui se sont déroulées en août, et dénonçant la position des États-Unis, qui affirment ne vouloir lever des sanctions qu’en échange d’une dénucléarisation définitive.

L’ONU a de son côté confirmé début septembre que la Corée du Nord poursuivait son programme d’armement nucléaire tout en se soustrayant aux sanctions.

Mais Stephen Biegun a fait miroiter vendredi aux Nord-Coréens “des mesures immédiates” qui pourraient être prises en cas d’avancées dans les négociations, afin de tourner la page de “l’hostilité” et de la “méfiance”. Lundi, Choe Son Hui a de nouveau invité Washington à présenter “une stratégie acceptable” lors d’une éventuelle prochaine rencontre, sous peine de mettre en péril le processus diplomatique.

“Nous aurons une idée du sérieux de ces discussions si les Nord-Coréens” envoient “aussi des experts du nucléaire, de l’économie, des sanctions, des questions juridiques ou liées à la paix”, et pas seulement des responsables politiques, a estimé sur Twitter Richard Johnson, du cercle de réflexion Nuclear Threat Initiative. “L’équipe nord-coréenne devra à tout le moins venir avec un mandat pour négocier, donnant-donnant”.




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