dimanche , 8 décembre 2019
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La grève du 5 décembre est une aubaine pour ces moyens de transport alternatifs

GRÈVE DU 5 DÉCEMBRE – La grève massive du 5 décembre, qui débutera en réalité dès la veille au soir, et qui s’annonce reconductible, va fortement toucher les Français habitués à prendre les transports en commun ou le train pour se rendre au travail.

Plusieurs entreprises de transport privées vont inévitablement profiter de ce mouvement social pour récupérer un nombre substantiel de clients à partir de jeudi. Certains de ces acteurs avaient d’ailleurs connu un pic d’activité historique lors de la grève précédente, le 13 septembre.

Le 4Suisse fait le point sur ces différents types de transports alternatifs et les offres que certains proposent pour l’occasion.

 

Avec la grève SNCF et des réservations bloquées sur les TGV inOui, OuiGo et les Intercités sur la période du 5 au 8 décembre, de nombreuses personnes se rabattent sur le car pour se déplacer sur de longs trajets.

Chez FlixBus, on assiste même à une ruée sur les billets depuis une dizaine de jours. “Le week-end du 23-24 novembre, à deux semaines de la grève, on a constaté une demande en hausse de plus de 70% par rapport à la même période l’année dernière, explique un porte-parole de la compagnie au 4Suisse. C’est très significatif, car le 5 décembre, il n’y a pas de vacances, ni de pont. Les gens ont anticipé.”

La compagnie peut même déjà compter sur des ventes inhabituelles pour le week-end suivant: “Pour le week-end du 12 au 15 décembre, la demande est là aussi très haute. Nous constatons 50% de hausse par rapport à l’année dernière sur la même période.”

FlixBus, qui n’augmente pas ses prix durant cette période de grève mais continue de fonctionner selon la loi de l’offre et la demande, rajoutera des places en conséquence: plusieurs milliers réparties sur une trentaine de cars, pour des destinations phares (Paris-Bretagne, Paris-Normandie, Paris-Lyon et Paris-est de la France).

 

À cause du grand nombre de demandes, les prix des courses de voitures avec chauffeur devraient fortement augmenter dans les grandes agglomérations, selon les lois de l’algorithme des différentes applications.

Malgré tout, certaines ont déjà anticipé pour que leurs clients ne paient pas plein pot à partir du 5 décembre. 

Kapten propose par exemple 15.000 créneaux de réservation d’une course de 30 minutes maximum depuis le 5 novembre, avec la garantie d’un prix fixe et une protection contre la majoration. L’entreprise a par ailleurs mobilisé 3000 chauffeurs partenaires supplémentaires afin de répondre au mieux à la forte demande.

Chez Uber, “on va mettre en place des bonus pour inciter les chauffeurs à conduire pendant les heures de pointe et dans les centres névralgiques des villes”, explique-t-on au 4Suisse. Le nombre de chauffeurs disponibles devrait donc être encore plus important que d’habitude sur l’application leader du marché des VTC.

 

Les taxis devraient logiquement tourner à plein durant la période de grève, d’autant plus que leurs tarifs étant réglementés, les prix n’augmenteront pas, contrairement aux VTC. Toutefois, les routes risquant d’être embouteillées dans les villes, le temps passé dans le taxi risque de s’allonger pendant que le compteur, lui, continue de tourner.

 

Si elle sera bien en grève à partir du 5 décembre, la RATP a retenu 32 entreprises proposant des alternatives aux transports en commun, dans la lignée du mouvement de grève précédent le 13 septembre, indique Le Parisien. Il y a deux mois et demi, la RATP avait en effet travaillé avec une dizaine d’acteurs de la mobilité et lancé des codes promo, utilisés par 60.000 usagers.

La RATP renouvelle son opération, qui prend donc la forme de codes promo à renseigner dans l’application ou à entrer au moment de la commande de divers services de transports: covoiturage, taxis, VTC, autopartage, vélos ou trottinettes en libre-service…

Ces codes, communiqués par chacune des entreprises, seront valables pour la journée du 5 décembre et les suivantes si la grève est reconductible, hors week-end. Sauf exception, ces codes sont composés comme suit : RATP+nom de l’entreprise.

Plusieurs exemples:

• Lime (trottinettes électriques) prévoit 1 euro de réduction sur 25.000 trajets le 5 décembre, puis 10% de réduction pendant la suite du mouvement social. L’entreprise enregistre habituellement 65.000 trajets par jour;

• Cityscoot (scooters électriques) offre 45 minutes gratuites pour toute nouvelle inscription;

• Vélib’ (vélos) propose un mois gratuit pour les nouveaux abonnés, jusqu’au 15 décembre;

• Getaround (autopartage) offre 20 euros aux nouveaux clients, pour les 1000 premiers inscrits.

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À quelques jours de la grève, des professionnels interrogés disent ne pas avoir observé de ruée massive sur leurs produits, simplement quelques signes avant-coureurs d’intérêt.

“Il n’y a pas de pic sur les ventes de vélos et de trottinettes”, assure à l’AFP une porte-parole de Décathlon, enseigne de distribution d’équipements sportifs. Mais l’entreprise se tient prête pour une progression de la demande “si le mouvement se poursuit”. 

Dans les boutiques parisiennes spécialisées, le constat est le même.

Chez URBAN360 dans le 1er arrondissement de Paris, “on a quelques clients qui sont passés acheter un produit en vue de la grève, des trottinettes ou monoroues notamment”, constate le responsable de la boutique auprès du 4Suisse. “Mais il n’y a pas encore d’explosion. Ça pourrait augmenter au fil de la semaine. Les gens s’y prennent souvent à la dernière minute avec les grèves.”

“Nous avons eu quelques appels de clients qui se renseignent sur les trottinettes en prévision de la grève, mais pas d’accroissement exponentiel des ventes”, décrit lui Kevin auprès de l’AFP, vendeur chez Glisse Urbaine, une chaîne de magasins parisiens spécialisée dans les vélos et trottinettes électriques.

“On aimerait bien voir un véritable boom”, affirme de son côté à l’AFP Germain Peltier, directeur de En Selle Marcel, magasin “de vente et de réparation de vélos urbains”. À son avis, “les gens attendent de voir les effets de la grève jeudi et, surtout de voir si ça dure”.

Chez certains, pourtant, “la grève agit comme un déclencheur d’achat”, analyse Kevin. “On a le profil type de la personne qui pense à s’offrir un vélo depuis la rentrée et qui se décide pour avoir une solution le jour de la grève”, ajoute Germain Peltier. 

Le dirigeant d’En Selle Marcel constate aussi les effets de la grève sur les demandes de réparation: “on voit des personnes qui sortent vraiment un vélo de la cave en prévision de la grève”. Dans ces boutiques, on observe une hausse des ventes, “mais il est difficile de savoir ce qui est dû spécifiquement à la grève”, nuance Germain Peltier.

Par ailleurs, annoncée pour février 2020, la prime de 500 euros (maximum) offerte par la région Île-de-France pour tout achat d’un vélo à assistance électrique (VAE) est finalement effective depuis dimanche 1er décembre, en vue de la grève de jeudi, indique Cnews.fr. Cette prime mise en place par Valérie Pécresse est censée encourager les Franciliens à se déplacer régulièrement à vélo. 

 

Autre alternative, le covoiturage devrait connaître un beau succès pendant la durée du mouvement social. Contactée par Capital, l’application leader BlaBlaCar estime que son nombre d’utilisateurs inscrits va être multiplié par dix pendant la grève. Lors de la grève perlée du printemps 2018, BlaBlaCar avait doublé son activité, rappelle L’Express.

D’autres applications comme CityGo, pour les trajets banlieue-banlieue, Karos, pour le court-voiturage -le conducteur vous dépose sur la route de son lieu de travail au plus près du vôtre-, ou encore Klaxit, qui rapproche les covoitureurs potentiels habitant et travaillant près les uns des autres, devraient elles aussi connaître des pics d’utilisation à partir de ce jeudi.




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