lundi , 28 septembre 2020
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La rentrée du gouvernement suspendue à la crise du coronavirus

CHRISTOPHE ARCHAMBAULT via Getty Images

Le premier ministre Jean Castex photographié à Matignon lundi 24 août. 

POLITIQUE – Rendez-vous était pris. Finalement, la presse invitée lundi 24 août à Matignon pour découvrir les contours du plan de relance devra attendre la semaine prochaine, le gouvernement ayant finalement décidé de reporter ses annonces sur ce qui est présenté de sources gouvernementales comme le dossier prioritaire de la rentrée 2020. 

Car face à la hausse des contaminations de coronavirus, l’exécutif a revu ses plans, histoire de se donner une marge de manœuvre, et de ne pas assommer les Français d’innombrables annonces, mêlant consignes sanitaires et fléchages budgétaires sur l’enveloppe de 100 milliards allouée au plan de relance.  

Et pour l’heure, c’est bien le front sanitaire auquel l’exécutif accorde sa priorité. Car si les membres du gouvernement étaient initialement conviés ce mardi 25 août à l’Élysée pour le premier Conseil des ministres post-vacances d’été, Emmanuel Macron a finalement préféré réunir ce jour un Conseil de défense sanitaire, et de repousser au lendemain la rentrée gouvernementale..

Un conclave plus opérationnel au sein duquel pourraient être décidées des mesures fortes, comme la gratuité des masques pour collégiens et lycéens. “Le président de la République et le premier ministre ont estimé, et ils ont raison, qu’il fallait sans doute resserrer un certain nombre de boulons en cette rentrée pour garantir la sécurité sanitaire”, a confirmé Bruno Le Maire ce lundi sur RTL. 

Car la situation se dégrade, au point que des mesures ciblées sont évoquées dans certaines régions. “La situation est suffisamment alarmante pour que des mesures complémentaires puissent être envisagées”, a par exemple déclaré lundi 24 août  Christophe Mirmand, préfet de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, alors que le regain épidémique, notamment du côté de Marseille, est surveillé comme le lait sur le feu. 

Impression d’incertitude 

De là à retarder le calendrier initial? Non, répond le gouvernement, qui assure que le plan de relance est “prêt” et qu’il s’agit seulement de faire les choses dans l’ordre. “La mobilisation du gouvernement est totale pour mener de front la protection des Français face à l’épidémie et la relance nécessaire de notre économie face à la crise”, a fait savoir dans un communiqué le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. 

Reste que, sur d’autres dossiers attendus pour la rentrée, c’est encore le flou qui domine. La loi contre le séparatisme annoncée par le premier ministre lors de son discours de politique générale? ”À la rentrée”, disait-on fin juillet sans plus de précision dans l’entourage de Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, qui portera “en partie” le dossier -notamment sur l’aspect laïcité- avec son ministre de tutelle Gérald Darmanin. Impossible depuis de savoir ce qu’il en sera et à quel moment le projet de loi sera dévoilé. Même chose pour la réforme des retraites dont le retour “dans les mois à venir” a également été annoncé par le chef du gouvernement. 

Des exemples parmi d’autres qui montre que l’exécutif s’attend à des semaines autant incertaines que périlleuses. C’est en tout cas ce que laissent entrevoir des propos accordés à Emmanuel Macron dans Le Parisien. “On entre là dans un moment compliqué. Les semaines qui viennent, et même l’automne, seront très difficiles. La crise sanitaire n’est pas derrière nous. Et socialement, ça sera très dur”, aurait-il glissé à ses ministres participant à un Conseil de défense par visioconférence le 10 août. 

Pour pallier cette impression d’incertitude, le premier ministre Jean Castex, en difficulté dans les sondages, a prévu de sortir du bois pour un  “grand entretien événement” mercredi matin sur France inter, invité de la matinale la plus écoutée de France. L’occasion, peut-être, d’en dire plus sur les semaines et les mois à venir.  

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