mardi , 25 février 2020
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L’aide à l’Ukraine a été gelée seulement 90 minutes après l’appel de Trump à Zelensky

AFP

L’aide à l’Ukraine a été gelée seulement 90 minutes après l’appel de Donald Trump à Volodymyr Zelensky, ici le 25 septembre à New York.

ÉTATS-UNIS – La chronologie des événements est pour le moins troublante. Un responsable du budget américain a demandé au Pentagone d’“attendre” avant de verser une aide à l’armée ukrainienne seulement une heure et demie après l’appel entre le président Donald Trump et son homologue Volodymyr Zelensky, d’après un courrier électronique publié ce dimanche 22 décembre.

Ce courrier électronique fait partie d’une série de messages publiés par le Center for Public Integrity, regroupement de journalistes d’investigation.

Une demande “sensible”, voulue confidentielle

Donald Trump est visé par une procédure de destitution, lancée par la Chambre des représentants qui a voté sa mise en accusation mercredi, pour avoir posé comme condition à ces 400 millions de dollars d’aide à l’Ukraine une enquête ukrainienne sur un de ses rivaux potentiels à la présidentielle de 2020, l’ancien vice-président démocrate Joe Biden.

Le courrier électronique d’un responsable du Bureau de la gestion et du budget (OMB), Michael Duffey, est envoyé à 11h04 le 25 juillet 2019, soit 1 heure et 31 minutes après la fin de la conversation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky.

“Vu les consignes que j’ai reçues et sachant l’intention de l’administration d’examiner l’aide à l’Ukraine (…) veuillez attendre avant de verser tous nouveaux fonds promis par le Département de la Défense”, écrit-il. “Étant donné la nature sensible de la demande, je vous saurais gré de le garder su strictement de ceux qui doivent être tenus au courant”, ajoute-t-il.

“Rien de nouveau” pour les républicains

Les partisans républicains de Donald Trump à la Chambre des représentants, dans un rapport le 2 décembre, avaient plaidé en faveur de Michael Duffey, soulignant qu’il n’était “pas inhabituel” que de telles demandes soient faites, selon le Center for Public Integrity. De même, le sénateur républicain Ron Johnson a estimé sur la chaîne de télévision ABC dimanche que la publication de ce message électronique n’apportait “rien de nouveau” dans le dossier monté contre le président.

 

En revanche, le sénateur démocrate Chuck Schumer y a vu une révélation “explosive”. “S’il n’y a rien d’illicite dans le fait de retenir les fonds, pourquoi Michael Duffey a-t-il voulu que personne ne sache ce qu’il avait fait?”, a-t-il lancé sur Twitter.

“S’il n’y a rien d’illicite dans le fait de retenir les fonds, pourquoi Michael Duffey a-t-il voulu que personne ne sache ce qu’il avait fait? Si l’appel était si parfait, pourquoi ce mail est-il si ‘sensible’ et doit-il être gardé confidentiel? De quoi ont-ils peur?”

 

“Si le président est tout à fait innocent et ne devrait pas être mis en accusation, pourquoi a-t-il tellement peur que ces gens disent ce qu’ils ont à dire?”, a affirmé une autre sénatrice démocrate, Amy Klobuchar, sur CNN.

Malgré le témoignage sous serment de 17 membres ou anciens membres de son administration selon lesquels Donald Trump s’est servi de sa fonction pour son intérêt personnel, le chef de l’État clame son innocence, se disant victime d’une “chasse aux sorcières” et d’une “tentative de coup d’État”.

Il devrait être jugé, vraisemblablement à partir de janvier, par le Sénat, où la majorité républicaine a déjà fait savoir qu’elle le considérait innocent et ne comptait pas le destituer.

 




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