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Le chômage reste bas en Suisse, mais il a fortement augmenté avec la pandémie

Le taux de chômage n’a que légèrement augmenté en Suisse au mois d’août. Mais il ne faut pas se réjouir trop vite, comme le montre une comparaison avec les pays voisins et les années précédentes.

Ce contenu a été publié le 09 septembre 2020 – 16:53

© Keystone / Christian Beutler

Pour l’instant, la crise liée au coronavirus n’a pas provoqué d’explosion du taux de chômage en Suisse. En août, ce dernier s’élevait à 3,3% contre 3,2% en juillet. Comparée aux autres pays européens, la Suisse figure parmi les États affichant le taux le plus bas. Mais un examen plus poussé montre que la comparaison n’est pas si facile.

D’après le service de statistique européen Eurostat, c’est la République tchèque qui affiche le taux de chômage le plus faible de l’Union européenne (UE) avec 2,9% en juillet. La Suisse se positionnerait donc au troisième rang, derrière la Pologne.

Autre méthode de calcul

Mais dans les faits, la façon de calculer le nombre de demandeurs d’emploi n’est pas la même. La Suisse prend uniquement en compte les individus inscrits auprès d’un office régional de placement. Les autres personnes sans emploi n’entrent pas dans la statistique du taux de chômage, alors que l’UE se base sur la méthode du Bureau international du travail (BIT) et inclut toutes les personnes disponibles pour travailler ou à la recherche d’un emploi.

En appliquant à la Suisse la façon européenne de compter, le pays affiche un taux de chômage de 4,6% au mois de juin et arrive en huitième position, derrière la Bulgarie, l’Allemagne ou encore les Pays-Bas.

Ce qui est inquiétant, c’est de comparer le taux de chômage suisse au niveau de l’année passée. On se rend alors compte de la forte augmentation due au coronavirus: le chiffre est passé de 2,1% en août 2019 à 3,3% en août 2020.

Tourisme très touché

L’été est généralement la saison où le taux de chômage est le plus faible, car les secteurs de la construction et du tourisme sont en plein boom. Cette année, en raison des restrictions liées à la pandémie, l’hôtellerie et la restauration ne peuvent pas remplir pleinement leur rôle de créateurs d’emplois. Au contraire: le nombre de chômeurs dans ce secteur est actuellement presque deux fois plus élevé qu’il y a un an. Et aucune amélioration rapide ne se profile.

Le pire est même à venir, prévoient les experts du Secrétariat d’État à l’économie (SECO): un taux de chômage de 4,1% est attendu l’année prochaine.

L’évolution du chômage partiel donne toutefois une lueur d’espoir. Cet outil permet aux entreprises de recevoir un soutien financier de l’État afin de diminuer le temps de travail de leurs employés et ainsi éviter les licenciements. Sans cette possibilité, le taux de chômage aurait dépassé les 20% au mois d’avril d’après une estimation du SECO.

En juin, un demi-million de salariés étaient encore au chômage partiel dans environ 50’000 entreprises, alors que cette situation ne concernait que 1500 personnes en 2019. La bonne nouvelle est que la situation sur le front du chômage partiel s’améliore: le nombre de salariés et d’entreprises concernées a diminué de moitié au mois de mai.


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