dimanche , 20 septembre 2020
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Le consulat de Chine à Houston soupçonné d’espionnage (et de brûler des documents?)

ÉTATS-UNIS – Coup de théâtre dans l’escalade sino-américaine: Washington a ordonné mardi 21 juillet à Pékin de fermer son consulat à Houston sous 72 heures, accusé d’être le “coeur” du “réseau d’espions” de la Chine aux États-Unis. 

Le consulat a été fermé “afin de protéger la propriété intellectuelle américaine et les informations privées des Américains”, a annoncé mercredi la porte-parole du département d’État américain Morgan Ortagus dans un communiqué.

Pour le président de la commission du Renseignement du Sénat américain, Marco Rubio, le consulat de Chine à Houston est “le coeur du vaste réseau d’espions et d’opérations d’influence du Parti communiste chinois aux États-Unis”, et sa fermeture aurait donc dû être décidée “depuis longtemps”.

“Les espions ont 72 heures pour partir sous peine d’être arrêtés”, a tweeté ce proche allié du président Donald Trump.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, les pompiers ont été appelés mardi soir au consulat pour des documents qui auraient été brûlés dans la cour intérieure de l’immeuble. Ces images diffusées par les médias de Houston montrent plusieurs corbeilles incendiées, à proximité de ce qui s’apparente à des liasses de papiers.

La police locale a confirmé sur Twitter que de la fumée avait été observée mais que les secours “n’avaient pas été autorisés à entrer” dans l’enceinte du consulat.

Menaces de représailles

Mercredi, les autorités chinoises ont aussitôt menacé les États-Unis de “représailles”, ce qui laisse présager une nouvelle dégradation des relations déjà tendues à l’extrême entre les deux grandes puissances sur plusieurs fronts, dont la loi controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong et la situation des droits humains au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.

“Le gouvernement chinois est un fervent défenseur de la cybersécurité et il s’est toujours opposé aux cyberattaques”, a assuré le porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, appelant les États-Unis à “immédiatement cesser leurs calomnies et leur diffamation” à l’encontre de son pays.

La diplomatie américaine soutient que le régime communiste s’est par le passé livré à “un espionnage massif” aux États-Unis, s’y est “mêlé de politique intérieure”, a “exercé des pressions sur des responsables économiques” et “menacé des familles de Sino-Américains résidant en Chine”.

Deux “pirates” chinois inculpés

En déplacement au Danemark, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo n’a pas voulu aller au-delà de ces justifications elliptiques. Mais il a une nouvelle fois dénoncé le “vol de propriété intellectuelle par le Parti communiste chinois” aux États-Unis comme en Europe.

“Ce sont des centaines de milliers d’emplois” qui ont ainsi été “volés par le Parti communiste chinois”, a-t-il martelé, citant l’exemple de l’inculpation la veille par la justice américaine de deux Chinois mis en cause pour des attaques informatiques contre des entreprises engagées dans la recherche d’un vaccin anti-Covid-19.

Il n’était pas clair dans l’immédiat si la fermeture du consulat de Houston a un lien direct avec ces inculpations par le ministère américain de la Justice contre Li Xiaoyu, 34 ans, et Dong Jiazhi, 33 ans, “deux pirates informatiques chinois” qui “travaillaient avec le ministère chinois de la Sécurité d’État”.

MM. Li et Dong, qui n’ont pas été arrêtés, se trouvent a priori en Chine. Le gouvernement de Donald Trump a adopté ces derniers mois un ton très critique envers la Chine, accusée par le président d’avoir dissimulé l’ampleur de la propagation du nouveau coronavirus lors de son apparition dans le centre du pays fin 2019.

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