dimanche , 20 septembre 2020
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Le Covid-19, maladie professionnelle? pourquoi le décret indigne les syndicats

POLITIQUE – Une “trahison”. Les syndicats ne mâchent pas leurs mots après la publication par le gouvernement du décret qui reconnait le coronavirus comme une maladie professionnelle. Quelques heures après que le texte a été diffusé dans le Journal officiel du mardi 15 septembre, la CFDT a appelé l’exécutif à “revoir sa copie”.

“Le décret sorti hier nous met très en colère”, a dit ce mercredi sur RTL le secrétaire général Laurent Berger. La veille, la branche Santé de Force ouvrière avait évoqué un texte “outrageant” pour les soignants.

Trop peu de symptômes pris en compte

Pourquoi? Parce que contrairement à ce que souhaitaient les centrales syndicales, il n’y aura (presque) pas d’automaticité pour la reconnaissance de la maladie. Rappelons que cette reconnaissance permet une prise en charge à 100% des frais médicaux mais aussi de recevoir une indemnité en cas d’incapacité temporaire ou permanente. En cas de décès, les ayants droit peuvent également percevoir une rente. 

Seuls les soignants, hospitaliers et de ville, et pour les intervenants auprès des personnes vulnérables, à domicile ou en Ehpad, mais à une condition: ils devront avoir contracté une forme sévère de la maladie, en d’autres termes avoir eu besoin d’oxygénothérapie.

Beaucoup trop restrictif selon Laurent Berger. “Le décret ne reconnaît que les impacts sur l’appareil respiratoire et pas les autres conséquences” de la maladie pour les soignants, a critiqué le dirigeant du premier syndicat français. “Je crois qu’il y a une trahison par rapport à la parole publique, ce qu’a été dit par les ministres sur le sujet”, a déclaré Laurent Berger.

Et les autres professionnels?

“Et pour les autres travailleurs que les soignants, il faudra qu’ils fassent la démonstration qu’ils ont bien attrapé la maladie sur leur lieu de travail”, a souligné Laurent Berger. “On est loin des paroles extrêmement belles qui ont été dites pendant le confinement pour glorifier ces travailleurs”, a-t-il déploré.

Ces critiques étaient déjà apparues quand le gouvernement avait annoncé réserver cette automaticité aux soignants. La CFE-CGC (syndicats de cadres) et l’Unsa) avaient déploré que les non-soignants doivent suivre les procédures classiques. Le PS avait évoqué pour sa part “une forme de mépris”. 


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