jeudi , 24 septembre 2020
Accueil » Actualité » Le discours de Melania Trump à la convention républicaine a enchaîné les faux-semblants

Le discours de Melania Trump à la convention républicaine a enchaîné les faux-semblants

ASSOCIATED PRESS

Melania Trump lors de son arrivée à la tribune de la convention républicaine.

ÉTATS-UNIS – Discrète depuis le début de la campagne de Donald Trump pour sa réélection à la Maison-Blanche, la Première Dame Melania Trump a livré ce mardi 25 août un long plaidoyer pour offrir à son époux “quatre ans de plus à la Maison Blanche”.

Loin des envolées très commentées de Kimberley Guilfoyle (la compagne de Donald Trump Jr.) la vieille, la First Lady a pris un ton posé. Refusant d’attaquer frontalement les démocrates, elle a préféré évoquer en longueur la gestion de la crise du coronavirus rarement abordé jusqu’à présent à la convention républicaine. Mais sur ce sujet, comme sur d’autres, Melania Trump a surtout présenté une longue liste de faux-semblants peu nourris par la réalité des faits. 

Assurant ainsi que Donald Trump ferait “tout son possible” pour venir à bout de l’épidémie de nouveau coronavirus qui a fait près de 180.000 morts aux États-Unis, la “First Lady” a longuement vanté ses qualités de dirigeant. “Ce n’est pas un homme politique traditionnel. Il ne fait pas que parler, il obtient des résultats”, a-t-elle ainsi assuré, ajoutant que son mari ne ménagerait pas ses efforts tant qu’un vaccin n’aurait pas été trouvé. 

L’anti-portrait de Trump

La gestion de la crise par le président est pourtant très critiquée. Qu’il s’agisse de ses suggestions sur la javel, de ses relations tendues avec son conseiller santé Anthony Fauci, ou encore de ses envolées sur la chloroquine. Surtout l’immobilisme de Donald Trump a largement été tancé, laissant toute décision difficile aux gouverneurs. À la fin du mois de mai dernier alors que le nombre de morts approchait les 100.000 aux États-Unis, le président s’offrait une partie de golf, suscitant des réactions outrées. Quant à ses efforts, c’est surtout sur le green que le chef de l’État semble les mener. Depuis fin avril, le locataire de la Maison Blanche a passé pas moins de 25 jours à jouer à golf, livrant une image de cage dorée face à la crise économique frappant également des millions d’Américains.  

Et n’en déplaise à Melania Trump qui a assuré également lors de son discours, que les intentions de son époux étaient toujours claires, “que cela plaise ou non”, difficile de lire clair dans les envolées trumpistes. Sur la crise du Covid, encore, Trump a longtemps dansé sur un pied puis l’autre, se vantant de pouvoir bientôt exporter des respirateurs en Europe avant de finalement faire appel à un texte de loi pour forcer des entreprises américaines à en fabriquer. Idem sur le plan des relations internationales, soufflant le chaud et le froid sur ses relations avec les uns et les autres et particulièrement la Chine.

Gloire aveugle

Mais ce n’est pas seulement quand il a fallu parler de son mari que Melania Trump a forcé le trait. Évoquant son immigration depuis la Slovénie, plus jeune, la First Lady a joué la corde sensible d’un sujet pourtant éprouvé par son époux. “En tant qu’immigrante et femme très indépendante, je comprends à quel point c’est un privilège de vivre ici et de profiter des libertés et des opportunités dont nous disposons”, a-t-elle détaillé évoquant son rêve américain, celui “d’une fille vivant” sous le “joug communiste”, aspirant à travaillant dans la mode. La Première Dame a au passage omis de rappeler que sa famille a pu déménager aux Etats-Unis grâce à un visa Einstein, réservé aux personnes avec des compétences particulières.

Comme son mari, Melania Trump n’a pas manqué de tancer les médias et les “fake news”, une antienne régulièrement reprise par la garde rapprochée du président pour dénoncer des traitements à charge. Elle a d’ailleurs profité pour vanter au passage son initiative “Be Best”, contre le harcèlement en ligne et la manipulation des informations, assurant poursuivre son engagement pour la protection des enfants. 

Si Donald Trump lui-même a vu certains de ses tweets signalés pour mésinformation, en 2019, un nombre record de 69.550 enfants migrants ont été détenus par le gouvernement américain. 




Première apparition