samedi , 26 septembre 2020
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le ministre de la Justice suggère de poursuivre les manifestants violents pour « sédition »


La loi qui permettrait de telles poursuites est très peu employée et difficile à appliquer. Les dernières poursuites pour « sédition » ont été engagées en 2012 et se sont soldées par une relaxe.

Le ministre américain de la Justice a suggéré aux procureurs fédéraux d’utiliser une loi méconnue réprimant les actes de « sédition » pour poursuivre les manifestants qui commettent des violences, alors que les mobilisations antiracistes se multiplient depuis le mois de juin, rapportent ce mercredi plusieurs médias.

C’est lors d’un échange téléphonique avec les procureurs fédéraux du pays la semaine dernière que Bill Barr, l’un des piliers du gouvernement de Donald Trump, a évoqué cette option, précisent des sources anonymes citées par le Wall Street Journal, CNN et NBC.

« La loi et l’ordre »

Depuis la mort de George Floyd, un quadragénaire noir étouffé par un policier blanc le 25 mai, les États-Unis connaissent la plus grande mobilisation antiraciste depuis le mouvement des droits civiques des années 1960.

Les cortèges ont parfois été émaillées de violences et de heurts avec les forces de l’ordre, Quelque 300 personnes ont déjà été arrêtées et inculpées par la justice fédérale, notamment pour incendie volontaire sur des bâtiments fédéraux ou agression d’agents fédéraux, a assuré la semaine dernière Kerri Kupec, porte-parole du ministre de la Justice .

Donald Trump, en lice pour sa réélection, a fait de ces incidents l’un de ses principaux thèmes de campagne. Accusant les autorités locales démocrates de laxisme, le président républicain promet, s’il gagne le scrutin du 3 novembre, de ramener « la loi et l’ordre » dans le pays.

Une loi peu utilisée

Dans son sillage, Bill Barr prône depuis des semaines une réponse forte du gouvernement fédéral, bien que la plupart des crimes et délits relèvent de la justice des 50 États. Il a ainsi demandé aux procureurs fédéraux d’envisager des poursuites en vertu d’une loi rarement utilisée qui punit les actes de rébellion contre le gouvernement.

Ce texte pourrait cependant être difficile à appliquer dans un pays où la liberté d’expression est garantie par la Constitution. Les dernières poursuites pour « sédition », en 2012 contre une milice armée du Michigan, se sont ainsi conclues sur une relaxe.


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