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Le peuple suisse refuse de s’attaquer aux espèces protégées


Keystone

Les citoyens suisses étaient partagés sur la révision de la loi sur la chasse et le suspense a duré jusqu’à la dernière minute. Finalement, une majorité de 51,9% des votants a refusé de faciliter l’abattage du loup.

Ce contenu a été publié le 27 septembre 2020 – 19:33

Les nouvelles mesures introduites dans la loi sur la chasse ont fortement divisé les Suisses et provoqué une scission entre les cantons urbains et ruraux. Il a fallu attendre les résultats définitifs pour connaître le sort de ce projet, finalement refusé par 51,9% des votants. 

La révision législative proposait de considérer le loup et le bouquetin comme des «espèces protégées régulables».Cela signifie que ces deux animaux auraient pu être abattus à certaines conditions, et ce même dans les zones de protection de la faune sauvage.

Les loups et les bouquetins auraient pu être tirés pour prévenir des dégâts ou un danger concret pour l’homme, protéger des biotopes ou préserver des populations d’animaux sauvages. La décision d’abattre ces espèces protégées aurait été du ressort des cantons.

La révision élaborée par le Parlement introduisait également d’autres innovations visant à renforcer la protection de la nature, comme la désignation et le financement par la Confédération de corridors fauniques d’importance interrégionale.

Appel au dialogue entre ville et campagne

«Aucune région ne doit être laissée de côté.»

Simonetta Sommaruga, présidente de la Confédération

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Devant les médias, la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga a dit comprendre la déception des régions alpines, où la population est concernée par la propagation du loup. «Ce non ne se dirige pas contre eux. Il ne vise pas les éleveurs de moutons et les exploitants d’alpages.»

Selon elle, villes et campagnes doivent se comprendre. Un équilibre doit être trouvé. «Aucune région ne doit être laissée de côté». Et la Bernoise de citer les efforts faits en matière de service public et d’infrastructures envers les régions périphériques.

S’adapter au retour des grands prédateurs

La loi actuelle date de 1985, lorsque le loup ne s’était pas encore réimplanté en Suisse. L’idée était d’adapter la nouvelle législation à l’évolution des populations de prédateurs et autres espèces sauvages pouvant provoquer des dégâts, afin de régler les conflits entre ceux qui demandent leur protection et ceux qui demandent leur éradication.

La révision de la loi sur la chasse a été approuvée par une majorité parlementaire de droite et était soutenue par le gouvernement, qui la considérait comme un bon compromis permettant une cohabitation à long terme de l’homme et du loup. 

«Le peuple suisse veut que les animaux sauvages soient mieux protégés en Suisses.»

Comité référendaire

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Le référendum a été lancé par des organisations de défense de la nature, soutenues par les partis de gauche, car elles estimaient que cette nouvelle loi affaiblissait le dispositif existant de protection des espèces.

Pour le comité référendaire, le résultat de la votation «montre que le peuple suisse veut que les animaux sauvages soient mieux protégés en Suisse, sans délégation de compétence de régulation des animaux protégés aux cantons et sans liste de régulation du Conseil fédéral».

Le rejet de la révision de cette loi ouvre la voie à une meilleure solution, estime le comité.


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