mercredi , 22 janvier 2020
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L’Église catholique et les femmes, « c’est la question la plus importante »

RELIGION – De l’affaire Bernard Preynat, dont le procès pour des agressions sexuelles sur mineurs s’ouvre ce lundi 13 janvier à Lyon, au bras de fer inédit entre Benoît XVI et François autour du mariage des prêtres, l’Eglise catholique se débat avec de nombreux défis qui minent sa cohésion et parasitent son message.

Et si la réponse venait des femmes? C’est le message porté par Anne Soupa, théologienne, bibliste et présidente du Comité de la jupe, une association fondée en 2008 et qui vise à promouvoir la place des femmes dans l’Église catholique. Comme elle l’explique dans notre vidéo ci-dessus, l’institution religieuse ne survivra pas sans une série de réformes qui donneraient aux femmes la même place et les mêmes responsabilités que les hommes. 

“La présence de femmes instaurerait une différence. Par conséquent on ne serait plus dans un monde de l’entre-soi et qui favorise la venue de personnalités perverses et le fait que ces abus restent impunis”,  plaide la théologienne face aux multiples affaires de pédophilie qui ont bousculé l’Eglise catholique.

“Le tout n’est pas d’avoir une jupe”

Le 6 novembre 2008, sur le plateau de Radio Notre-Dame, Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, est interrogé sur la possibilité pour les femmes de lire la Bible au cours des célébrations -ce qui est déjà habituel mais parfois remis en cause au sein de l’Église catholique. Il répond alors :

“Le plus difficile, c’est d’avoir des femmes qui soient formées. Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête.”

Un comité d’une quinzaine de femmes, initié par Christine Pedotti et Anne Soupa, se constitue alors et dépose plainte auprès de l’Officialité de Paris, un tribunal ecclésiastique, au nom de “l’égale dignité des baptisés” hommes ou femmes. La plainte est retirée à la suite des excuses de Mgr Vingt-Trois pour sa “maladresse”, mais le Comité de la jupe perdure.

En mai, le pape avait indiqué que les membres d’une commission d’études, instituée en août 2016 pour examiner le rôle des femmes diacres au début du christianisme, avaient encore des opinions trop divergentes pour trancher.

En mars 2019, face à toutes les affaires de révélations d’abus sexuels dans l’Église, le Comité de la Jupe lance une pétition, ”Église catholique : ‘Ça suffit!’”. Adressée au Pape François, elle dit: “Dans l’Église catholique, toutes les responsabilités, tout le pouvoir est entre les mains d’hommes célibataires, seuls habilités à décider, gouverner, enseigner, et qui se prétendent médiateurs de la relation à Dieu et au sacré.”

Les diacres catholiques sont des hommes ordonnés pour prononcer le sermon à la messe, célébrer baptêmes, mariages et funérailles. Ils ne peuvent toutefois pas dire la messe, donner l’eucharistie ou l’absolution après une confession, des fonctions réservées aux prêtres.

Le diaconat est longtemps resté une étape vers la prêtrise, mais le concile Vatican II (1962-1965) a rétabli le diaconat permanent, accessible à des hommes mariés, qui pallient souvent le manque de prêtres.




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