samedi , 4 avril 2020
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Les concessions que sont prêts à faire les Français dans leur assiette [SONDAGE EXCLUSIF]

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Les Français sont prêts à faire des efforts sur leur alimentation pour réduire leur impact environnementale, mais lesquels ?

ENVIRONNEMENT – L’édition 2020 du Salon de l’Agriculture, qui s’ouvre ce samedi 22 février, veut recréer du lien entre les agriculteurs et les Français. Si l’on débat beaucoup de l’épandage des pesticides ces dernières années, le principal rapport entre les citoyens et la terre, c’est évidemment l’alimentation.

Si nous changeons ce que nous mangeons, l’agriculture changera, et vice versa. Justement, celle-ci doit évoluer pour répondre au double défi environnemental du réchauffement climatique et de la biodiversité. Un changement difficile pour les agriculteurs, mais aussi pour les Français, tenus par leurs habitudes alimentaires et qui ont déjà du mal à manger sain. Dans ce contexte, sont-ils prêts à faire des concessions sur le contenu de leur assiette?

C’est une des questions qu’a posé Le 4Suisse dans un sondage exclusif réalisé par l’institut Yougov, à l’occasion du démarrage du Salon de l’Agriculture. Et très clairement, les Français semblent avoir conscience du défi à surmonter.

83% se disent prêts à faire des efforts pour diminuer l’impact environnemental de leur assiette. Un tiers se dit “tout à fait prêt” et seuls 2% des sondés ne se disent pas prêts du tout.

Reste à savoir quels efforts. La communauté scientifique est plutôt d’accord sur une chose: pour lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité, il faut avant tout manger moins de produits animaux (un sujet que nous aborderons en détail dans notre dossier).

La viande et le fromage semblent sacro-saints en France, mais les lignes commencent à bouger. Ainsi, s’il n’y a que 4% de végétariens, le flexitarisme semble faire son chemin: 68% des Français affirment ne pas manger de la viande tous les jours. Ils ne sont par contre que 37% à ne pas manger de produits laitiers tous les jours. Il y a peut-être une sur-déclaration derrière, mais cela montre à minima que manger de la viande tous les jours n’est plus quelque chose que l’on met en avant.

Acceptation culturelle

Une tendance qui se confirme quand on leur demande ce qu’ils seraient prêts à faire comme effort sur leur alimentation. 60% des sondés sont prêts à diminuer leur consommation de viande. 57% des Français seraient prêts à manger moins de viande pour pouvoir manger bio (la viande étant un des aliments les plus coûteux et demandant le plus de surfaces agricoles, il y aurait une vraie logique, économique et environnementale).

Il y a ici une nette différence entre les hommes (52%) et les femmes (67%). Assez logique: “les hommes, actuellement, mangent en moyenne plus de viande que les femmes”, explique au 4Suisse Nicole Darmon, chercheuse à l’Inrae spécialiste des besoins nutritionnels.

Pour les produits laitiers, seuls 4 Français sur 10 sont prêts à réduire leur consommation. Cela reste assez honorable par rapport à d’autres produits, présentés depuis des années comme le futur de l’alimentation. Seuls 19% des sondés seraient prêts à manger des insectes. Quant à la viande in vitro, cultivée en laboratoire, il n’y a qu’un Français sur dix pour être tenté par l’expérience.

“Quand on réfléchit à la composition d’une assiette durable, d’une diète nutritionnellement adéquate et réduisant nos émissions de gaz à effet de serre, il faut faire attention à l’acceptation culturelle”, explique Nicole Darmon. “Il faut réduire l’impact environnemental tout en tentant de s’écarter le moins possible de ce qui est actuellement le plus socialement acceptable pour les Français”.

Pour résoudre le défi environnemental de l’agriculture, il faut donc plutôt parier sur le flexitarisme que sur la viande in vitro ou le véganisme. En tout cas pour le moment.




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