vendredi , 25 septembre 2020
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les réfugiés à la rue évacués par la police grecque vers un nouveau camp


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La police grecque a commencé jeudi à évacuer une partie des milliers de réfugiés jetés à la rue par l’incendie de Moria vers un nouveau camp, que l’ONU et Athènes promettent « provisoire ».

Une semaine après l’incendie qui a ravagé le camp de migrants de Moria, la police grecque a commencé jeudi 17 septembre à évacuer une partie des milliers de réfugiés qui se sont retrouvés sans toit. Ceux-ci sont acheminés vers un nouveau camp devant être « provisoire », selon l’ONU et Athènes, qui évoquent Pâques comme date butoir pour un transfert des îles de Lesbos.

En fin de matinée, quelques centaines de personnes faisaient la queue devant le nouveau camp, a constaté une journaliste de l’AFP. Famille par famille, sacs à la main, certains avec une poussette, d’autres tirant des cageots plein d’affaires, les réfugiés entraient dans le camp, où ils doivent tous être testés pour le Covid-19.

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L’opération a commencé jeudi vers 7 h locales (4 h GMT). La police, présente en force après avoir bloqué la zone à Médecins sans frontières et aux médias, faisait le tour des tentes, dans le calme, pour progressivement vider le secteur de ses sans-abri et les emmener vers le nouveau camp érigé à la hâte après l’incendie, il y a une semaine.

« Les migrants sont transférés de la rue à la nouvelle structure, de l’abandon à la prise de soins, des risques sanitaires au contrôle de la santé publique », s’est félicité le ministre de la Protection du citoyen, Michalis Chryssohoïdis, présent lors de l’opération.

2 800 personnes dans le nouveau camp

Jusqu’ici, un millier de personnes ont été transférées dans le nouveau camp lors de cette opération, a-t-il ajouté, soulignant que cette initiative « répond à des fins humanitaires » et « allait se poursuivre » pendant la journée.

Selon un responsable du ministère des Migrations, 2 800 personnes au total se trouvent actuellement dans ce camp, en prenant en compte les migrants qui y sont entrés volontairement ces derniers jours.

Depuis l’incendie du camp de Moria, où vivaient près de 13 000 réfugiés dans des conditions dramatiques, des milliers de personnes s’étaient installées sous des abris de fortune, sur un coin de route et des parkings de supermarché fermés.

L’accès interdit à MSF pendant la nuit

Médecins sans frontières (MSF), qui a ouvert une clinique d’urgence dans cette zone, s’en est vu interdire l’accès dans la nuit de mercredi à jeudi, alors que des rumeurs d’évacuation couraient, a indiqué l’ONG à l’AFP. La clinique a cependant été autorisée à rouvrir en fin de matinée, selon un communiqué de MSF.

Le camp de Moria, le plus grand d’Europe, mis en place il y a cinq ans au pic de la crise migratoire et décrié par de nombreuses ONG pour ses conditions sordides, a été entièrement détruit par l’incendie, prémédité selon les autorités grecques. Six jeunes migrants afghans ont été arrêtés, dont quatre ont été mis en examen pour « incendie volontaire ».

Les autorités grecques et l’ONU construisent depuis samedi un nouveau camp à partir duquel, assurent-ils, les procédures d’asile pourront reprendre.

Mais de nombreux réfugiés ont refusé de s’y installer, par crainte de se voir de nouveau coincés pendant des mois dans l’attente d’un éventuel transfert vers la Grèce continentale ou un autre pays européen.

Poussés par l’épuisement d’une semaine à la rue sous un soleil de plomb, sans sanitaires, un mouvement a fini par s’amorcer vers le nouveau camp, où plusieurs centaines de migrants se sont installés mercredi, selon des humanitaires.

Un camp « provisoire »

Mercredi soir, 1 000 tentes, pouvant chacune accueillir 8 à 10 personnes, y étaient érigées. Des tentes médicales doivent encore être dressées, et deux zones de quarantaine sont prévues alors que quelques dizaines de cas de Covid-19 ont été détectés – mais pour l’heure sans gravité.

L’objectif de ce nouveau camp – « provisoire », ont promis les autorités – est que les réfugiés « puissent progressivement, et dans le calme, quitter l’île pour Athènes » ou « être réinstallés ailleurs », a indiqué mercredi le représentant en Grèce du Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), Philippe Leclerc, qui a visité Lesbos.

Michalis Chryssohoïdis a estimé de son côté que « la moitié » des exilés pourrait quitter Lesbos « d’ici Noël » et « les autres d’ici Pâques ».

Avec AFP


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