vendredi , 11 décembre 2020
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L’évacuation des réfugiés sur la place de la République choque ces politiques

POLICE – “Indignation”, “démission”, “inacceptable”… L’évacuation violente par les forces de l’ordre de réfugiés installés place de la République à Paris ce lundi 23 novembre au soir déclenche un véritable tollé dans une partie de la classe politique. Si le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a très rapidement demandé un rapport circonstancié, de nombreux élus ont fait part sur les réseaux sociaux de leur indignation, à gauche et au sein de LREM notamment.

Le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure a dénoncé ce qu’il estime être une chasse ”à la misère à coup de matraques”, quand Raphael Glucksmann évoque de son côté un quinquennat tombé très bas. “Ceci n’est pas la République. La République que nous aimons ne traite pas ainsi les exilés.
Ou les journalistes. On se doutait que ce quinquennat ne serait pas celui de la justice sociale ou de la grande transformation écologique, on n’anticipait pas qu’il tomberait si bas…”, écrit-il sur Twitter.

Boris Vallaud et Benoît Hamon leur ont emboîté le pas, tançant ce qu’ils estiment être une dérive du pouvoir et de régime.

De nombreux élus LFI ont également réagi dans la soirée et dans la nuit. Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis, a évoqué des images “insoutenables”, pointant notamment du doigt Gérald Darmanin ainsi que la préfecture de police de Paris.

Le député insoumis Éric Coquerel était de son côté présent au moment de l’évacuation. Invité de la matinale de RMC, il a déploré une répression “choquante”, face à une “foule [qui] était absolument pacifique”. L’élu, comme de nombreux internautes et personnalité politiques, se félicite que des images aient pu mettre en lumière ces agissements, dénonçant au passage le projet de loi sécurité globale actuellement présenté à l’Assemblée nationale qui aurait rendu, selon lui, impossible la diffusion de ces vidéos. 

 

Des élus parisiens choqués

Outre Éric Coquerel, d’autres élus présents place de la République lundi soir, ont dénoncé une stratégie de nasse de la part des forces de l’ordre. C’était notamment le cas de Fatoumata Koné, élue écolo au Conseil de Paris. Audrey Pulvar et Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris chargé du logement et de l’hébergement d’urgence, étaient également sur place. 

Si Anne Hidalgo n’avait pas encore réagi avec ses mots à l’heure où nous publions cet article, elle a retweeté dans la nuit un message déplorant que l’État ne propose pas de solution durables pour ces migrants. Plusieurs autres élus parisiens, à l’instar de David Belliard ont dénoncé “un déchaînement de violence” honteux. Le secrétaire général d’EELV, Julien Bayou, a évoqué de son côté une “honte absolue”.

 

Des députés LREM montent au créneau

Ce mardi matin, plusieurs représentants LREM ont également fait part de leur indignation face à l’action des forces de l’ordre. L’élue des Yvelines et présidente de la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet, a salué le lancement d’une enquête sur cette opération, disant espérer que les conclusions arrivent vite.

Ses collègues Caroline Rossi et Pieyre-Alexandre Anglade sont également allés en ce sens. Ce dernier a exigé des ”éclaircissement” “rapides” face à des images “choquantes et insoutenables”. “On ne répond pas à la détresse et la misère par la brutalité”, a-t-il ajouté.

Guillaume Chiche, membre du bureau du parti a évoqué de son côté “une trahison des valeurs de la France”.

Peu d’élus Les Républicains ont réagi pour le moment. Au Rassemblement natiional, Julien Odoul, s’est félicité de voir des policiers “simplement” faire respecter la loi. 




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