lundi , 28 septembre 2020
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L’interdiction d’un nouveau rassemblement “anti-corona” à Berlin soulève une vive polémique


Les autorités berlinoises interdisent la tenue d’une grande manifestation dirigée contre la politique de protection sanitaire, prévue le samedi 29 août. Une décision qui fait débat jusque dans les colonnes des journaux allemands.

Interdire à ceux qui nient le corona de manifester, est-ce la bonne décision ?” Le quotidien berlinois Die Tageszeitung pose la question et affiche à la une les divergences d’opinion dans sa propre rédaction.

Si les organisateurs n’annonçaient pas l’arrivée de quelque 22 000 manifestants venus de tout le pays et prêts à défiler dans les rues de la capitale sans masque ni distance physique, le problème se poserait différemment. Mais dans ces conditions, il faut “trouver un juste équilibre entre le droit de se réunir et l’intérêt du plus grand nombre”.

Ces militants “anti-coronavirus” “mettent en danger leur propre santé et celle des autres, tout autant que l’existence économique de tous ceux qui ne survivraient pas à un deuxième confinement”, explique Lea Fauth. En outre, il convient de contenir les dérives de ces militants largement issus de l’extrême droite, qui ont déjà commis trop de crimes et délits dans le pays.

Tout cela est vrai, admet en contrepoint Erik Peter, mais “cette décision est une erreur”. À l’appui de sa thèse : le revirement du Sénat de Berlin qui, lors de la mobilisation du 1er août, défendait encore la liberté d’expression et de réunion avant tout. “C’est ce qui devrait aussi s’appliquer maintenant”, poursuit l’éditorialiste. Si nécessaire, c’est à la police qu’il revient de bloquer ceux qui ne respectent pas les consignes officielles et portent atteinte à la santé de tous. Ou bien, c’est à la “société civile antifasciste” de se montrer la plus forte en faisant obstacle à de tels rassemblements.

À 48 heures de la manifestation, l’interdiction a déclenché les foudres du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD, extrême droite siégeant au Bundestag) et des groupes les plus radicaux qui appellent désormais sur les réseaux sociaux à un “assaut sur le Berlin”. Les autorités redoutent une explosion de violence.




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