samedi , 12 décembre 2020
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Loi Sécurité globale: Le vrai-faux recul sur l’article 24 ne satisfait personne dans l’opposition

POLITIQUE – Coup double. En annonçant la nouvelle réécriture du très décrié article 24 de la loi dite Sécurité globale, la majorité a provoqué l’agacement des oppositions de gauche… et la colère des rares forces politiques qui la soutenait dans son entreprise. 

Les premiers estiment que la promesse de Christophe Castaner, consistant à “totalement réécrire”, la disposition en question est une nouvelle manœuvre pour gagner du temps face à une colère grandissante. Les seconds regrettent ce recul dénoncé comme un aveu de faiblesse face « à la première pétoche de manifestation”, selon les mots de Gilbert Collard. 

Pas question toutefois pour la majorité de retirer ou suspendre son article, a précisé Christophe Castaner pour qui l’enjeu est “d’éteindre les doutes” autour de ce texte pénalisant la diffusion malveillante d’images de forces de l’ordre, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Et c’est bien là tout le reproche fait par la gauche à la majorité. “Assez d’atermoiements”, a par exemple lancé Jean-Luc Mélenchon sur les réseaux sociaux, quand sa collègue Insoumise Mathilde Panot réclamait “le retrait de cette loi de sécurité globale.”

“En voulant réécrire cet article plutôt que le retirer, je considère que le gouvernement et cette majorité s’entêtent”, estimait la députée du Val-de-Marne sur BFMTV quelques secondes après la fin de l’intervention de Christophe Castaner.

Même chose du côté des communistes. Le député Fabien Roussel salue un premier recul tout en demandant le retrait définitif de l’article pour “pouvoir restaurer une police publique, nationale, démocratique et au service des citoyens.”

“Gouvernement de pieds nickelés”

De l’autre côté du spectre politique, l’extrême droite, qui avait approuvé le texte de la majorité, n’est pas franchement satisfaite non plus. “Réécrire un article déjà voté, c’est original comme méthode… nous sommes gouvernés par un gouvernement de pieds nickelés”, a ainsi ironisé le porte-parole du Rassemblement nation Sébastien Chenu sur Twitter. 

L’eurodéputé RN Gilbert Collard a, pour sa part, raillé un “gouvernement qui pond une loi ultra-sécuritaire pour finalement tout lâcher à la première pétoche de manifestation.”

Côté LR, le président du parti Christian Jacob a dénoncé un “fiasco” d’Emmanuel Macron “qui désavoue son ministre Darmanin tout en le laissant en fonction.” Force est de constater que ce nouvel épisode en exaspère certains. Le centriste Jean-Christophe Lagarde pointe par exemple l’entêtement du gouvernement et de sa majorité malgré les alertes successives des députés après celles des journalistes ou institutions internationales.

“Pendant une semaine on leur a expliqué en long en large et en travers que ce texte n’était ni fait, ni à faire. Mais peu importe, ils sont passés en force”, écrit-il sur Twitter en jugeant la situation “consternante.”

Mais pour certains de ces élus, le nouveau revirement de la majorité témoigne d’un certain mépris pour le Parlement. “Leur inventivité et leur potentiel d’enfumage sont sans limites! Cette petite phrase ‘la majorité parlementaire suspend l’article 24’ ne passerait même pas le cap d’un TD de première année en droit constitutionnel”, a par exemple ironisé la sénatrice socialiste Laurence Rossignol. 

Christophe Castaner a eu beau annoncer la réécriture de l’article 24, son ancienne version est toujours dans la proposition de loi “Sécurité globale” et sera discutée au Sénat au début de l’année 2021. Ce que n’a pas manqué de faire remarquer le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, réagissant lui aussi sur Twitter: “conformément à la Constitution, sa réécriture dépend donc désormais du Sénat.”

 

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