vendredi , 11 décembre 2020
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L’ONU interpelle la France sur la discrimination de minorités et les violences policières


La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a dressé lors d’une conférence de presse une liste de sujets d’inquiétude et de recommandations aux autorités françaises concernant la loi de sécurité globale et les violences policières.

Les autorités françaises doivent veiller à ne pas « violer les droits de l’homme de tout un groupe » dont certains ont commis des actes répréhensibles, a prévenu ce mercredi la Haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet.

Interrogée spécifiquement sur la France, et en particulier sur la loi de « sécurité globale » et les violences policières, pendant une conférence de presse, Michelle Bachelet a dressé une liste de sujets d’inquiétude et de recommandations aux autorités françaises.

« Prendre des mesures » pour éviter la stigmatisation

Concernant la loi sur la « sécurité globale », dont des aspects sont critiqués en France même, Michelle Bachelet note plusieurs points qui posent « problème »: « extension des pouvoirs de police, étendus aux gardes de sécurité privés, créations de nouvelles infractions, etc ».

« Nous exhortons les autorités françaises à éviter de prendre des mesures qui résultent dans la stigmatisation de groupes entiers et nous les exhortons à prendre activement des mesures pour que des groupes ne soient pas stigmatisés ou ne voient pas leurs droits de l’homme violés parce que certains individus ont fait des choses qu’il ne fallait pas faire », a déclaré la Haut-commissaire.

Elle a fait part aussi de son inquiétude « de la possible stigmatisation des musulmans » par le bais des propositions pour asseoir les principes républicains.

« Nous savons que la stigmatisation peut conduire à de la discrimination, de l’aliénation et à la défiance envers les institutions gouvernementales », a-t-elle ajouté.

Bachelet pointe du doigt les forces de l’ordre

La Haut-commissaire a rappelé qu’en termes de violences policières, elle avait déjà fait part de ses inquiétudes durant les manifestations du mouvement de protestation des « gilets jaunes« , lancé fin 2018 en France, et elle « encourage les autorités a mener des enquêtes rapides, complètes, indépendantes, impartiales et transparentes pour toute violation des droits de l’homme ».

Elle a aussi rappelé qu’elle s’est déjà inquiétée depuis longtemps « du racisme et des contrôles aux faciès des forces de l’ordre qui doivent être traitées urgemment », selon elle, soulignant que « nous voyons cela dans de nombreux pays à travers le monde ». Ces dérives « risquent d’entamer un peu plus le lien de confiance entre la police et la population, en particulier les minorités raciales et ethniques », a-t-elle insisté.

« J’exhorte la France, comme je le fais pour beaucoup d’autres pays, à examiner sérieusement ses méthodes de maintien de l’ordre et à éliminer les pratiques discriminatoires et les biais envers certains groupes », a-t-elle ajouté.

La conférence de presse de Michelle Bachelet faisait suite à son discours sur les perspectives des droits humains dans le monde, dans lequel elle a mené un véritable réquisitoire contre la manière dont les autorités dans le monde entier ont mené la lutte contre la pandémie, sacrifiant souvent les droits humains.


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