lundi , 28 septembre 2020
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LREM: Pierre Person claque la porte pour les mêmes raisons qu’il avait quitté le PS

POLITIQUE – “Crise de croissance” ou “panne d’idées” chez LREM? Au lendemain du zéro pointé subi par le parti présidentiel dont aucun candidat n’a réussi à accéder au second tour de six élections législatives partielles organisées ce dimanche 20 septembre, La République en marche s’est déchirée lors d’un bureau exécutif marqué par des tensions et des démissions, comme à la grande époque de l’UMP (devenu LR) et du PS secoués jadis par des querelles internes.

Constatant l’impossibilité pour le parti présidentiel de “mener le rassemblement ” et lui reprochant surtout son incapacité à “produire des idées neuves”, le numéro 2 de La République en marche a quitté ses fonctions ce lundi. “Je me suis heurté à une organisation trop repliée sur elle-même et qui ne tient pas assez compte de ses ‘marcheurs’, de ses élus locaux ou de ses parlementaires”, a déploré Pierre Person en annonçant sa démission de la direction du parti dans un entretien au Monde.

Ce départ d’une figure historique de la Macronie reflète la profonde crise identitaire au sein d’un parti en mal de fondamentaux, à la recherche d’une ligne politique s’émancipant du sacro-saint “et en même temps”. En interne, si Marlène Schiappa ne diagnostique qu’une simple “crise de croissance” d’un jeune parti, le chef des sénateurs LREM se montre plus inquiet. “Le mouvement est trop replié sur lui-même, il manque d’idées” se désole notamment François Patriat auprès de Public Sénat

“Emmanuel Macron, c’est surtout des idées”

Comme vous pouvez le voir dans notre montage vidéo en tête d’article, cette “panne d’idées” est précisément ce qui avait motivé le militant socialiste Pierre Person à ne pas renouveler son adhésion au PS en 2012. Impressionné, racontait-il en novembre 2016 sur LCI, par la capacité du nouveau ministre de l’Économie de François Hollande à “renouveler le paysage politique”, il crée en 2015 le mouvement “Les jeunes avec Macron”, un an avant le lancement officiel d’“En Marche!”. “Emmanuel Macron, c’est pas une marque, c’est surtout des idées. Il est extrêmement novateur”, s’enthousiasmait-il en mars 2016 sur Canal+. “Au Parti socialiste; il n’y a plus de débat d’idées”, se désolait alors le jeune homme en quête de “nouvelles idées dans le débat public” qu’il ne trouve manifestement plus aujourd’hui chez LREM.

Trois ans après l’arrivée au pouvoir de son idole, Pierre Person déchante. Sa démission des instances dirigeantes du parti présidentiel ne serait qu’un événement “anecdotique” minimise Cédric O, le secrétaire d’État au Numérique qui veut croire qu’“il s’agit plus d’un sujet personnel que d’un sujet politique”. Pourtant, des “mauvais mots” de Gérald Darmanin empruntés à l’extrême droite ouvertement contestés par des députés LREM à la perte de la majorité absolue à l’Assemblée nationale en passant par la multiplication des candidatures dissidentes aux municipales comme à Paris ou à Besançon, la majorité présidentielle n’en finit pas de se désagréger.


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