lundi , 20 janvier 2020
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L’Ukraine et les séparatistes pro-russes de Donetsk échangent leurs prisonniers


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Les forces gouvernementales ukrainiennes et les séparatistes pro-russes de l’Est de l’Ukraine ont entamé, dimanche, un échange de dizaines de prisonniers. Selon une agence de presse russe, Kiev remettrait 87 séparatistes et Donetsk 55 combattants. 

L’opération a « commencé au point de contrôle de Maïorsk », dans la région de Donetsk », a annoncé la présidence ukrainienne sur les réseaux sociaux. Kiev et les séparatistes pro-russes de l’Est de l’Ukraine ont lancé, dimanche 29 décembre, le premier échange de prisonniers depuis 2017.

Selon Daria Morozova, médiatrice de la république autoproclamée du Donetsk, sur les 87 personnes que les séparatistes pro-russes réclamaient, une vingtaine ont refusé d’être remis. Pour sa part, Kiev doit se voir remettre 55 prisonniers, a-t-elle précisé aux médias russes. Kiev n’ayant donné aucun chiffre, « une vérification est en cours », a indiqué à l’AFP une source ukrainienne. 

Militaires ukrainiens, activistes, journalistes…

Deux autocars en provenance des territoires séparatistes sont arrivés, dans la matinée, sur un terrain gardé par des militaires ukrainiens armés près du village d’Odradivka, dans la zone contrôlée par Kiev, à une dizaine de kilomètres de la ligne de front. Certains des passagers visibles à bord couvraient leur visages.

Trois autres bus escortés par les policiers sont arrivés une demi-heure plus tard en provenance de la direction opposée, suivis de plusieurs ambulances, de voitures de la Croix-Rouge et d’observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

Du côté des séparatistes pro-russes du Donetsk, la télévision russe a montré des détenus, encadrés par des soldats en armes.

Selon des informations de médias ukrainiens, non confirmées, les séparatistes devraient libérer principalement des militaires ukrainiens mais également des activistes ou journalistes emprisonnés.

Combattants pro-russes et policiers anti-émeutes

Outre des combattants détenus au cours du conflit, Kiev pourrait échanger trois hommes condamnés à la prison à vie pour avoir commis un attentat à Kharkiv en février 2015, ainsi que d’anciens policiers anti-émeute détenus en Ukraine pour leur implication présumée dans la répression sanglante des manifestations de la place Maïdan, en 2014. Des événements qui ont eu lieu avant le début de la guerre dans l’Est de l’Ukraine.

La possibilité d’une libération de ces anciens policiers a suscité l’indignation de nombreux Ukrainiens et une association de familles de victimes a appelé le président Volodymyr Zelensky à y renoncer.

Samedi soir, quelque 200 protestataires se sont réunis, selon les médias, devant une prison de Kiev pour tenter d’empêcher leur échange.

« Ce pays n’a pas d’avenir », a écrit amèrement sur Facebook Volodymyr Golodniouk, dont le fils Oustym a été tué à l’âge de 19 ans pendant le soulèvement à Kiev.

Détente avec le Kremlin

Le principe de l’échange avant la fin de l’année avait été acté et réclamé par le nouveau président ukrainien,Volodymyr Zelensky le 9 décembre à Paris, où se tenait le premier sommet de paix sur l’Ukraine depuis 2016.

Il y rencontrait alors pour la première fois le président russe, Vladimir Poutine, sous les auspices de la France et de l’Allemagne. Une avancée même si la réunion n’a pas donné lieu à des progrès concrets sur le retrait des armes lourdes, la restauration du contrôle de Kiev sur sa frontière avec la Russie ou l’organisation d’élections locales dans ces régions.

Depuis l’élection de Volodymyr Zelensky en avril, une certaine détente se fait sentir avec le Kremlin.

En septembre, Kiev et Moscou ont ainsi échangé 70 détenus, notamment le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné en Russie.

Avec AFP
  


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