samedi , 8 août 2020
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Masque obligatoire, ce que l’on sait (et ce que l’on ne sait pas encore)

AFP

Une file d’attente devant le grand magasin Printemps sur le boulevard Haussman à Paris, le 28 mai 2020.

PORT DU MASQUE – Emmanuel Macron avait annoncé le 14 juillet que l’obligation de porter un masque dans les “lieux publics clos” entrerait en vigueur le 1er août.

Mais face aux critiques des médecins qui alertent sur des “signaux faibles” de reprise de l’épidémie de Covid-19 et le relâchement des mesures barrière, la date a été rapidement avancée pour être fixée à ce lundi 20 juillet.

Voici les réponses aux questions que cette nouvelle mesure pour les Français peut susciter, alors que le décret listant précisément les lieux où il faudra porter un masque est attendu pour ce lundi ou mardi.

Le port du masque sera obligatoire “dès lundi” en France -pour les personnes de 11 ans ou plus- dans les lieux publics clos pour casser les signaux de reprise de l’épidémie, a annoncé samedi le ministre de la Santé Olivier Véran.

Le Premier ministre Jean Castex avait lui annoncé jeudi au Sénat que le décret rendant obligatoire le port du masque dans tous les établissements clos recevant du public entrerait en vigueur “la semaine prochaine”.

Dans le département de la Mayenne, le port obligatoire du masque dans les lieux publics clos était déjà imposé depuis jeudi à Laval et dans cinq communes périphériques. Une mesure étendue vendredi soir à tout le département.

Cette décision avait été prise “après concertation avec les représentants des maires et compte tenu de la persistance d’une situation sanitaire plaçant le département de la Mayenne en ‘vulnérabilité élevée’ en matière de Covid-19”, indiquait la préfecture dans un communiqué.

Dans le Finistère, un arrêté préfectoral avait aussi rendu aussi le port du masque obligatoire depuis jeudi dans les lieux publics clos de certaines îles mais aussi dans les marchés de plusieurs communes touristiques du département.

Le port du masque sera obligatoire dans l’ensemble des magasins des grandes enseignes alimentaires à partir de ce lundi, a-t-on appris ce dimanche 19 juillet auprès de la Fédération du secteur (FCD).

Cette décision concerne les magasins des enseignes Auchan, Aldi, Carrefour, Colruyt, Cora, Groupe Casino, Intermarché, Leclerc, Lidl, Netto, Supermarché Match et Système U, précise la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) dans un communiqué.

Pour les autres lieux concernés, le décret devrait se baser sur ce que l’administration répertorie comme des ERP: des établissements recevant du public, peu importe que l’accès soit payant ou gratuit, libre, restreint ou sur invitation.

Figurent notamment dans la liste établie par l’Administration: les restaurants, bars, commerces, centres commerciaux, crèches, écoles, collèges, lycées, universités, salles polyvalentes, lieux de culte, hôtels, musées, salles de spectacle, cinémas, bibliothèques, préfectures, mairies, établissements de santé, bureaux de poste, établissements sportifs, banques…

Le ministère de la Santé a donné ce dimanche une liste précise de ces lieux:

Le ministère des Sports a par ailleurs indiqué au Parisien que les salles de sports ne seraient pas concernées par le décret. “Dans tous les décrets pris dans le cadre de la crise pandémique de Covid-19, le port du masque a toujours été jugé comme incompatible avec une activité sportive intense. Cela ne changera pas”, ont indiqué au quotidien les services de la ministre Roxana Maracineanu. Certains professionnels du secteur avaient pointé les “risques d’hyperventilation lors des activités physiques intenses”. Le port du masque devrait en revanche être obligatoire de l’entrée dans le club jusqu’aux vestiaires, puis à la salle.

Les entreprises, en tout cas celles qui ne reçoivent pas de public, ne seront pas forcément concernées par le décret à venir. Elles devront gérer “au cas par cas, en fonction des situations”, a expliqué le Premier ministre Jean Castex dans un entretien au Parisien.

Actuellement, le port du masque en entreprise est obligatoire lorsque le respect des distanciations sociales n’est pas possible, ou lorsque le contact avec du public est fréquent, comme chez le coiffeur.

Pour des médecins signataires d’une tribune, mise en ligne le 12 juillet par Libération, il est “indispensable” que la mesure du port du masque obligatoire s’applique aussi “sur les lieux de travail”. “Le virus ne connaît en effet pas la subtilité des définitions administratives des lieux clos, il est le même partout”, préviennent-ils.

D’autant plus que le milieu professionnel s’impose comme un terrain favorable à la création de foyers épidémiques. Les entreprises représentent ainsi 25% des clusters en cours d’investigation (en augmentation de 5% par rapport au 1er juillet), alors qu’elles étaient de fait plutôt absentes au plus fort de l’épidémie quand télétravail et chômage partiel s’imposaient. 

Attention à ceux qui ne respecteraient pas la nouvelle mesure dans les lieux publics clos: ils s’exposent à une amende, a annoncé la Direction générale de la santé ce dimanche.

“Le non-respect de cette mesure pourrait être susceptible, comme c’est le cas dans les autres lieux où le port du masque est obligatoire, notamment les transports, d’une contravention de 4e classe”, qui est assortie d’une amende forfaitaire de 135 euros, a précisé la DGS.

En Mayenne, où le masque est obligatoire dans les lieux publics clos depuis vendredi, le non respect de cette mesure était sanctionné depuis trois jours d’une amende de 135 euros d’amende.

En comparaison, le montant de l’amende similaire est de 250 euros en Belgique et il sera de 110 euros en Angleterre à partir du 24 juillet.

Quatorze médecins de renom avaient réclamé le 11 juillet “le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics clos” pour éviter que l’épidémie ne reparte, constatant un relâchement dans le respect des gestes barrières.

“Il serait vraiment très regrettable de ne pas utiliser ces moyens efficaces et accessibles” pour freiner l’épidémie “que sont: le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics clos, la distanciation physique autant que possible et le lavage des mains”, plaidaient-ils dans une tribune publiée par Le Parisien-Aujourd’hui en France.

Dans ce texte, rédigé par Antoine Pelissolo, professeur en psychiatrie, et Jimmy Mohamed, médecin généraliste et chroniqueur sur Europe 1, ils reconnaissaient que le masque “reste inconfortable”. Mais ils soulignaient que “contrairement au début de l’année”, on sait maintenant qu’il est “une condition importante pour limiter la diffusion du virus” si “tout le monde le porte” et que “nous avons aujourd’hui les stocks nécessaires”.

Parmi les co-signataires figuraient les infectiologues Éric Caumes, Karine Lacombe et Anne-Claude Crémieux, ainsi que l’urgentiste Philippe Juvin et le néphrologue Gilbert Deray.

“Pour nous tous, la tentation est grande et compréhensible de reprendre une vie normale, d’oublier le virus, de profiter de l’été, des plages, des soirées entre amis et de la proximité retrouvée. Malheureusement le virus, lui, ne nous oublie pas”, avertissaient-ils, alors que les enquêtes menées par Santé publique France auprès des Français montrent un moindre respect des gestes barrières depuis quelques semaines.

Aussi invitaient-ils les Français à se ressaisir avant qu’il soit “trop tard pour éviter un nouveau confinement, plus ou moins complet” et disent ne plus vouloir “compter les morts” comme lors de la première vague de l’épidémie.




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