vendredi , 11 décembre 2020
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Mort de Valéry Giscard d’Estaing à 94 ans

DÉCÈS – Sorti de l’hôpital le 20 novembre après une “insuffisance cardiaque”, Valéry Giscard d’Estaing est décédé ce mercredi 2 décembre, a annoncé son entourage.

L’ancien président de la République avait rejoint, à sa sortie du CHU Trousseau de Tours, sa propriété d’Authon dans le Loir-et-Cher, où il séjournait depuis le début du confinement. Il y est mort est mort dans la soirée “entouré de sa famille”.

L’ex-chef de l’État (1974-1981) était encore “un peu fatigué” mais semblait suivre “une bonne voix”, avait précisé son cabinet fin novembre. Le nonagénaire avait été évacué quelques jours avant en hélicoptère par le Samu, mais “il n’y avait pas de critère de gravité” au moment de sa prise en charge, avait rapporté le président du Conseil départemental du Loir-et-Cher Nicolas Perruchot.

Dernière apparition pour Chirac

Valéry Giscard d’Estaing avait été hospitalisé quelques jours mi-septembre à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris pour une légère infection aux poumons. Les médecins avaient toutefois écarté une infection au coronavirus. VGE, qui avait fêté ses 94 ans le 2 février, avait déjà été hospitalisé à Pompidou, dans le XVe arrondissement de Paris, en cardiologie à plusieurs reprises il y a quelques années pour la pose de stents.

Plus jeune président de la Vème République lorsqu’il est élu en 1974, Valéry Giscard d’Estaing avait fait l’une de ses dernières apparitions publiques le 30 septembre 2019 lors des obsèques à Paris d’un autre président de la République, Jacques Chirac, qui fut son Premier ministre de 1974 à 1976.

Il a aussi fait parler de lui en mai, visé par une enquête pour agression sexuelle après la plainte d’une journaliste allemande. Cette dernière l’accusait de lui avoir touché les fesses lors d’une interview plus d’un an plus tôt.

Nouveau style présidentiel

Né le 2 février 1926, engagé à 18 ans en 1944 dans la 1ère armée du général de Lattre de Tassigny, Valéry Giscard d’Estaing disait admirer deux hommes, le général de Gaulle et Jean Monnet, père de l’Europe. Il n’avait que 48 ans lorsqu’il est élu président en 1974, battant sur le fil François Mitterrand, et devient ainsi, dans une France qui enterre les Trente-Glorieuses et digère mai-68, le premier non-gaulliste à s’emparer de l’Élysée.

Son élection avait fait souffler un vent de liberté sur le pays, après le années De Gaulle et Pompidou. Aux réformes progressistes -abaissement de la majorité à 18 ans, dépénalisation de l’avortement-, le nouveau président avait ajouté un style inédit, s’affichant au ski ou sur un terrain de football, convoquant sa fille sur ses affiches de campagne et son épouse Anne-Aymone lors de vœux télévisés pour la nouvelle année.

L’Auvergnat qui jouait de l’accordéon à la télévision s’était invité également chez les Français pour dîner, avait ouvert l’Elysée à des éboueurs maliens pour un petit-déjeuner de Noël, renouvelant une communication politique encore très cadenassée. Giscard d’Estaing était pourtant un pur produit de l’élite française: polytechnicien et énarque, il s’était distingué sous les ordres du maréchal de Lattre de Tassigny lors de la Libération, puis pendant huit mois en Allemagne et en Autriche jusqu’à la capitulation du Reich. Né à Coblence, en Allemagne alors occupée par les forces françaises, Valéry Giscard d’Estaing est issu d’une grande famille bourgeoise.


Première apparition