samedi , 26 septembre 2020
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mutinerie en cours, le président et le Premier ministre aux mains de « soldats révoltés »


Le président malien et son premier ministre ont été arrêtés, ce mardi après-midi à Bamako, par des militaires en pleine mutinerie, alors que le pays est confronté à une importante crise politique depuis juin.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre, Boubou Cissé, ont été « arrêtés » ce mardi en fin d’après-midi à Bamako par des militaires en révolte, a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) un des chefs de la mutinerie, une information confirmée par la suite par une source officielle. Le Mali est en proie à une profonde crise politique depuis deux mois.

« Nous pouvons vous dire que le président et le Premier ministres sont sous notre contrôle. Nous les avons arrêtés chez lui » (au domicile du chef de l’Etat à Bamako), a déclaré un des chefs de la mutinerie, qui a requis l’anonymat.

Un peu plus tôt ce jour, des soldats avaient tiré des coups de feu pour une raison inconnue dans le grand camp militaire de la ville-garnison de Kati, dans la proche banlieue de Bamako. C’est de ce lieu qu’était parti le coup d’état de 2012. La zone est bouclée depuis plusieurs heures, et l’ambassade de France a recommandé aux expatriés de rester chez eux.

Des militaires en révolte acclamés par des manifestants

Selon un autre militaire dans le camp des mutins, les deux dirigeants sont « dans un blindé en route pour Kati », où se trouve le camp Soundiata Keïta, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, point de départ de la mutinerie en début de journée.

« Il y a une tentative de mutinerie », a indiqué une source diplomatique à Bamako.

Les mutins ont ensuite pris le contrôle du camp et des rues adjacentes, avant de se diriger en convoi vers le centre de la capitale, selon un correspondant de l’AFP. Dans Bamako, ils ont été acclamés par des manifestants rassemblés pour réclamer le départ du chef de l’Etat aux abord de la place de l’Indépendance, épicentre de la contestation qui ébranle le Mali depuis plusieurs mois, avant de se diriger vers la résidence du président Keïta, selon la même source.

Depuis le mois de juin, une coalition hétéroclite composée d’opposants politiques, de guides religieux mais aussi de membres de la société civile multiplie les manifestations pour réclamer le départ du président Keïta, accusé de mauvaise gestion.

Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques du Mali (M5-RFP), qui mène la contestation, a refusé jeudi dernier une rencontre avec le président Keïta, fixant notamment comme préalable la fin de la « répression » contre ses militants.

« La France condamne avec la plus grande fermeté »

Cette mutinerie est « condamnée avec la plus grande fermeté » par la France. Dans une déclaration ce mardi, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a « réaffirmé avec force son plein attachement à la souveraineté et à la démocratie maliennes ».

Quelque 5100 militaires français sont déployés au Sahel, notamment au Mali, dans le cadre de l’opération antijihadiste Barkhane.

Le coup d’État de 2012 parti de ce camp militaire

Comme Paris, Washington, la Cedeao et l’Union africaine se sont publiquement inquiétés mardi de cette mutinerie, qui fait craindre un éventuel renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta, déjà confronté depuis deux mois à une contestation sans précédent depuis le coup d’État de 2012.

L’Union européenne a également condamné la « tentative de coup d’État » en cours dans le pays et « rejette tout changement anti-constitutionnel ». Le chef de l’ONU a appelé, mardi soir, à « la libération immédiate et sans conditions » du président Keïta, et le Conseil de sécurité de l’ONU a annoncé se réunir mercredi en urgence sur ce sujet, à la demande de la France et du Niger.

C’est de ce même camp de Kati que les rebelles touareg avaient alors lancé une offensive majeure dans le nord du Mali et que les jihadistes affluaient en provenance des pays voisins, que des soldats s’étaient mutinés contre l’inaptitude du gouvernement à faire face à la situation.

Sous la direction du capitaine Amadou Sanogo, ils avaient chassé le président Amadou Toumani Touré. Le coup d’Etat avait précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes islamistes armés, qui ont occupé cette région pendant neuf mois avant d’en être en partie chassés par une intervention militaire internationale lancée par la France en janvier 2013 et toujours en cours.

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV




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