lundi , 1 juin 2020
Accueil » Actualité » Olivier Véran promet de meilleurs salaires à l’hôpital

Olivier Véran promet de meilleurs salaires à l’hôpital

AFP

Édouard Philippe et Olivier lors d’une visite le 2 mars 2020 à l’hôpital de Bordeaux. Le gouvernement s’est engagé à « augmenter les salaires » des personnels soignants, déjà mobilisés avant la crise du coronavirus.

POLITIQUE – Deux promesses valent peut-être mieux qu’une. Après Emmanuel Macron qui s’est engagé à mettre fin à la “paupérisation” à l’hôpital, son ministre de la Santé Olivier Véran a pris le relais ce 17 mai en affirmant dans le Journal du Dimanche que le gouvernement allait travailler à une “augmentation des salaires” des soignants. 

“Il faut travailler à une augmentation” des salaires des personnels hospitaliers, “au-delà des primes”, déclare le ministre dans un entretien, alors que bien avant la crise du coronavirus, les hôpitaux français étaient mobilisés justement pour réclamer davantage de considérations et de moyens. 

Sans rentrer dans les détails, Olivier Véran a évoqué “quatre angles” pour y parvenir dont une nouvelle “organisation du travail”, qui pourrait passer par un assouplissement du cadre des 35 heures. 

“Si des salariés de l’hôpital souhaitent travailler davantage et augmenter leur rémunération, il faut que cela soit possible”, a défendu le ministre qui avait justement été interpellé sur les “ménages” (prestations hors de l’hôpital) lors de sa visite à la Pitié-Salpêtrière en compagnie du chef de l’État. Loin de refléter une envie des soignants, cette pratique avait cependant été décrite comme une solution -illégale mais nécessaire- pour remédier aux salaires insuffisants.

Reconnaissant le caractère sensible des 35 heures, le ministre a de nouveau assuré dans le JDD qu’il ne s’agît pas “d’obliger des gens à travailler davantage, mais de créer un cadre beaucoup plus souple pour permettre à ceux qui le souhaitent de le faire, ou d’organiser leur temps de travail différemment.” 

Le gouvernement envisage également de mieux valoriser “le travail collectif” et “la montée en compétences”.  “Aujourd’hui, si une infirmière décroche un doctorat, elle conserve le même salaire. Ce n’est pas normal”, affirme le ministre. Il souhaite “rapidement” atteindre un “niveau de rémunération correspondant au moins à la moyenne européenne” des infirmières.

Un “Ségur de la Santé” le 25 mai

Quid du financement? Dans l’hebdomadaire politique, Olivier Véran reconnaît qu’il faudra “mobiliser de l’argent nouveau pour augmenter les rémunérations. (…) Il n’y a pas d’argent magique, il faudra donc faire des choix”, affirme-t-il, sans donner davantage de précisions.

Pour concrétiser ces mesures et tirer les premières leçons de la crise du coronavirus, le ministre annonce le lancement le 25 mai d’un “Ségur de la santé” avec une “grande réunion multilatérale des partenaires sociaux au ministère” afin de présenter un plan “cet été, pour traduire tout ce qui peut l’être dans le prochain budget de la sécurité sociale”.

“Ce qui est certain, c’est que je ne veux pas que l’hôpital retombe dans le marasme, la morosité et la perte de sens qui étaient son quotidien avant le coronavirus”, assure-t-il.

Le ministre de la Santé s’engage également à “sortir du dogme de la fermeture de lits”: “Médecin hospitalier, j’ai connu les brancards dans les couloirs, ce n’est plus acceptable.” 

Le mea-culpa d’Emmanuel Macron à l’hôpital avait été accueilli plutôt froidement par les soignants, peu convaincus par le plan Santé mis en place ces deux dernières années. “Avant même le covid, on était désespérés. On ne croit plus en vous”, lui avaient ainsi lancé deux soignantes. Reste à savoir désormais si les promesses du ministre se concrétiseront de manière à répondre enfin aux demandes du corps hospitalier. 

 




Première apparition