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Oui et non au coude-à-coude pour l’achat des nouveaux avions de combat


Les F/A-18 de l’armée suisse arriveront en fin de carrière en 2030. Keystone/ Valentin Flauraud

Le suspense perdure pour la votation de dimanche relative à l’acquisition de nouveaux avions de combat. Les derniers résultats partiels créditent le oui et le non de scores extrêmement proches (respectivement 50,2 et 49,8%).

Ce contenu a été publié le 27 septembre 2020 – 15:49

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Les Forces aériennes suisses pourront-elles acquérir de nouveaux avions de combat? Les Suisses devaient se prononcer sur une enveloppe budgétaire maximale de 6 milliards de francs à consacrer au renouvellement de la flotte helvétique. Le résultat s’annonce très serré.

Des résultats partiels communiqués à 15h35 créditent le oui de 50,2% des voix. A ce stade, les résultats définitifs sont connus dans 20 des 26 cantons et semblent dessiner un clivage entre la Suisse latine et la Suisse alémanique: sept cantons ont dit non (Neuchâtel, Vaud, Genève, Fribourg, le Tessin et les deux Bâle), tandis que le oui l’emporte en Valais, aux Grisons, à Uri, Soleure, Zoug, Glaris, St-Gall, Schwytz, Obwald, Nidwald, Lucerne, Schaffhouse et dans les deux Appenzell.

Le dernier sondage de l’Institut gfs.bern, paru le 16 septembre, prédisait pourtant peu de tensions autour du thème des avions de combat. Cinquante-six pour cent des citoyens interrogés dans l’enquête disaient alors envisager de voter oui.

Les F/A-18 de l’armée suisse arriveront en fin de vie en 2030, raison pour laquelle le Conseil fédéral veut les remplacer. La majorité du Parlement avait déjà approuvé le crédit d’achat en décembre dernier, mais les opposants à cette dépense sont parvenus à obtenir que le sujet soit soumis au vote populaire. En Suisse, une loi acceptée par le Parlement peut en effet être contestée par voie de référendum, si au moins 50’000 signatures sont recueillies dans les 100 jours suivant son adoption.

Trop cher et inutile selon les opposants

Le référendum a été lancé par le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA). L’organisation antimilitariste était soutenue par le Parti socialiste, les Verts et d’autres mouvements pacifistes. Pour eux, les nouveaux avions sont nuisibles pour l’environnement et inutiles pour la Suisse. Ils estiment que les capacités de police aérienne du pays pourraient être assurées par des appareils moins coûteux.

Les opposants ont aussi affirmé pendant la campagne que le gouvernement minimisait les coûts réels des nouveaux avions. En tenant compte de l’exploitation et de la maintenance, le gouvernement estime à 18 milliards de francs le prix de la nouvelle flotte pour toute sa durée de vie. Les opposants pensent que la facture totale s’élèvera plutôt à 24 milliards.


Une affiche appelant à voter non à l’achat de nouveaux avions. Keystone / Salvatore Di Nolfi

Nécessaire, pour les partisans

Pratiquement tous les autres partis politiques, les milieux économiques et différentes associations proches de l’armée soutenaient l’achat. Pour eux, la modernisation de la flotte aérienne suisse est nécessaire pour maintenir un système de défense crédible et préserver l’indépendance de la Suisse. Ils estiment que la flotte actuelle est obsolète et qu’augmenter le nombre d’hélicoptères ou de drones ne suffirait pas.

Concernant l’aspect financier, ils affirment que les 6 milliards prévus pour l’achat proviennent du budget normal alloué à l’armée et que les fonds ne seront pas ponctionnés dans d’autres secteurs. Selon eux, de nouveaux avions reviendraient moins cher que les services achetés à l’extérieur pour les services de défense et de police aérienne.


Une affiche de campagne des partisans de l’achat. Keystone / Salvatore Di Nolfi

Ils rappellent aussi que l’industrie suisse devrait profiter de cet achat par le biais d’accords de compensation. Il est prévu que les entreprises étrangères qui obtiendront des mandats dans le cadre de cette acquisition passeront des commandes à des entreprises suisses pour une valeur équivalant à 60% de la valeur du contrat.

Le Conseil fédéral choisira le type d’avions

Rappelons que le vote de ce dimanche ne portait que sur le principe de l’achat. Si le oui l’emporte, la charge de décider quel appareil sera acquis reviendra au Conseil fédéral. Le renouvellement de la flotte suisse est donc scruté bien au-delà de ses frontières, puisque le modèle choisi sera forcément importé. Les offres de quatre constructeurs ont été présélectionnées: le Français Dassault (Rafale), l’Européen Airbus (Eurofighter) et les Américains Boeing (F/A-18 Super Hornet) et Lockheed-Martin (F-35A).

Il s’agit de la 3e votation nationale en près de 30 ans portant sur l’acquisition de nouveaux avions de combat. En 1993, le peuple avait accepté l’achat de l’actuelle flotte de F/A-18. Plus récemment, en 2014, les citoyens avaient refusé l’achat de 22 avions Gripen de l’entreprise suédoise Saab pour un montant de 3,1 milliards. 


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