samedi , 19 octobre 2019
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Paris: des riverains du 16e arrondissement veulent faire interdire un festival de hip hop

Hiya

Des riverains veulent faire annuler le festival de hip hop Revolution prévu le 22 septembre 2019 dans le 16e arrondissement de Paris.

MUSIQUE – “Visiblement, les cultures urbaines ne sont toujours pas les bienvenues dans les beaux quartiers de Paris”, déplorent les organisateurs du festival Revolution prévu dimanche 22 septembre au stade Jean-Bouin, dans le 16e arrondissement. Une association de riverains les a assignés en justice pour faire annuler l’événement.

Pour les amateurs de rap, la programmation du festival Revolution est plus qu’alléchante. De 12h à minuit, les artistes Oxmo Puccino, Disiz, IAM, Black M, Kaaris, Alonzo mais aussi Médine, Fianso, Sianna, Assassin et Kalash Criminel se produiront tandis que des démonstrations de graffiti, de parkour, de danse ou de beatbox seront aussi proposées.

L’événement, organisé par le collectif Hiya en partenariat avec le club de rugby du Stade Français qui n’est autre que le gestionnaire du stade Jean-Bouin, entend célébrer les cultures urbaines sous toutes leurs formes. Mais tout le monde n’est pas du même avis. Le 20 août, les organisateurs ont reçu une assignation en référé à la requête de l’association de sauvegarde Boulogne Les Princes. 

“Dans le texte de la plainte, ils mettent l’accent sur le nom ‘Revolution’ du festival et sur les artistes Assassin et Kalash Criminel. Pourquoi eux plutôt qu’Oxmo Puccino ou Fianso?”, s’interroge Adballah Slaiman, co-organisateur de l’événement, contacté par Le 4Suisse.

“Comme le dit Rockin’ Squat (Mathias Cassel, le leader du groupe Assassin, NDLR), on n’est pas sûr qu’il se serait passé la même chose si on avait organisé un festival de musique classique”, poursuit-t-il.

Au 4Suisse, l’avocat d’Hiya abonde dans le même sens: “Cela montre une volonté de donner une image négative du festival.”

Délibéré le 18 septembre

Lors de l’audience en référé qui s’est tenue ce mercredi 4 septembre devant le TGI de Paris, l’avocat des riverains a demandé une expertise sur un pan d’éléments techniques du festivals, évoquant de possibles nuisances sonores.

Il faudra désormais attendre le délibéré de l’audience, attendu le 18 septembre -soit quatre jours à peine avant la tenue du festival- pour connaître les suites de cette affaire.

Si des contraintes opérationnelles pourraient s’ajouter à l’organisation, l’avocat d’Hiya semble convaincu qu’il n’y a “pas d’éléments pour essayer de faire valoir une annulation”.

“C’est un éternel recommencement, c’est pas surprenant (…) ce sont des stéréotypes qui continuent de vivre après 30 ans de culture hip-hop dans ce pays. On va se battre pour imposer le festival, pour qu’il ait lieu, et puis surtout pour leur prouver que nous sommes des gens intelligents, passionnés et équilibrés”, soutenait de son côté Rockin’ Squat à l’AFP.

Sur Twitter, l’adjoint au maire à la ville de Paris Frédéric Hocquard a tenu à apporter son soutien au festival Revolution. “Paris est forte de sa diversité musicale et artistique et les cultures urbaines y ont toute leur place”, a-t-il commenté

Contacté par Le 4Suisse, l’avocat de l’association de sauvegarde Boulogne Les Princes n’a pour le moment pas donné suite à notre demande.




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