vendredi , 25 septembre 2020
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Pécresse veut des « prisons différenciées » pour faire appliquer les peines

VALERY HACHE / AFP

Valérie Pécresse (ici en 2018) veut des « prisons différenciées » pour ne pas incarcérer « terroristes », « caïds » et « primo-délinquants » ensemble 

POLITIQUE – Valérie Pécresse veut “emmerder les délinquants.” La présidente de la région Ile-de-France (ex-LR) a plaidé ce mercredi 9 septembre pour la création de “prisons différenciées” afin de faire appliquer les peines prononcées et lutter contre ce qu’elle définit comme le “sentiment d’impunité.”

“C’est sur ce sentiment d’impunité qu’il faut absolument travailler”, a expliqué Valérie Pécresse, dont le nom est régulièrement évoqué pour défendre la droite à la présidentielle de 2022. Selon elle “les prisons aujourd’hui sont en nombre insuffisant”, d’où “une situation indigne”.

Mais “on ne peut pas prétexter la surpopulation carcérale pour ne plus exécuter les peines”, a-t-elle estimé sur Europe 1, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Valérie Pécresse veut donc “créer de nouvelles places” de prison, mais, en étant “créatif.” Elle souhaite ainsi la création de “prisons différenciées” avec “des degrés de sécurité” et “des coûts différenciés.”

“Aujourd’hui, est-ce vraiment la peine d’enfermer, de mettre dans les mêmes prisons des jihadistes terroristes, des caïds, des psychopathes et des personnes qui sont en infraction de permis de conduire ou primo-délinquants ou des mineurs?”, a-t-elle plaidé. 

Une nouveauté?

Mais ce que l’ancienne ministre ne précise pas, c’est que le système carcéral français est déjà différencié. Les 187 établissements pénitentiaires qui le composent n’accueillent pas tous les mêmes personnes condamnées. Les “maisons centrales”, par exemple sont dédiées à l’incarcération de détenus aux longues peines ou considérés comme ‘dangereux’,‘difficiles’, quand les “maisons d’arrêt’ ne doivent recenser -normalement- que des personnes condamnées à une peine inférieure ou égale à deux ans.

Valérie Pécresse veut visiblement des établissements encore plus spécialisés, dont certains “rapides à construire.” Elle cite notamment l’exemple de la création de “sites sécurisés” dans “d’anciennes casernes”, pour les personnes assignées à résidence avec bracelet électronique. Un système, comme le décrit la présidente de la région Île-de-France, qui se rapproche, des anciennes unités dédiées aux détenus radicalisés.

Expérimentées à Fresnes, Fleury-Mérogis, Osny, et Lille-Annoeullin, ces unités internes aux prisons étaient alors réservées aux personnes écrouées pour des faits de terrorisme liés à l’islamisme, puis elles ont été étendues aux personnes repérées en détention comme radicalisées, ou en voie de radicalisation. Avant d’être enterrées en 2016.


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