samedi , 19 octobre 2019
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PMA: le gouvernement conteste les « réserves » de l’Académie de médecine

Philippe Wojazer / Reuters

La ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui défendra le projet de loi bioéthique à partir de mardi à l’Assemblée nationale, récuse les « réserves » exprimées par l’Académie nationale de médecine sur l’ouverture de la PMA à toutes les femmes.

POLITIQUE – Au lendemain de l’avis par l’Académie nationale de médecine, qui a exprimé des “réserves” sur le bien fondé de l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, plusieurs ministres du gouvernement ont martelé leur conviction qu’un enfant pouvait s’épanouir dans des familles homoparentales ou monoparentales.

Invitée à réagir dans l’émission “Le Grand Jury” RTL-LCI-Le Figaro, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a refusé de critiquer l’avis émis par l’ANM tout en s’inscrivant en faux. “Aujourd’hui nous avons un quart des familles françaises qui sont des familles monoparentales. On connait un certain nombre de difficultés liées à la monoparentalité. Mais ne me dites pas qu’un quart des enfants qui naissent dans ces familles ont des difficultés de construction”, a-t-elle opposé, suggérant que cet avis relevait “peut-être” d’une prise de position idéologique.

“On a tous autour de nous des enfants qui sont élevés par leur mère ou leur père, seuls, et on sait très bien que, Dieu merci, ils trouvent l’altérité ailleurs chez des oncles, des tantes, à l’école. Heureusement on arrive à se construire même quand on est élevé par un parent seul”, estime la ministre qui défendra le projet de loi bioéthique à partir de mardi dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.

Dans son avis, l’Académie de médecine “reconnait la légitimité du désir de maternité chez toute femme quelle que soit sa situation”, mais juge qu’“il faut aussi au titre de la même égalité des droits tenir compte du droit de tout enfant à avoir un père et une mère dans la mesure du possible”. Jugeant les études d’impact insatisfaisantes, l’ANM en réclame davantage sur le sujet.

“Ce n’est pas un avis médical. Ce n’est pas là-dessus qu’on l’attend. C’est un avis sociétal. Les études que nous avons sur les enfants élevés dans les familles monoparentales ne sont pas des études inquiétantes”, lui répond Agnès Buzyn.

Comme elle, le ministre du Logement Julien Denormandie s’est dit convaincu “qu’un enfant peut pleinement s’épanouir au sein d’un couple de même sexe”. “C’est une réalité qui existe déjà dans le cadre de l’adoption”, a-t-il assuré sur le plateau de “Dimanche en politique” sur France3. 

Sur France Inter, le secrétaire d’État Gabriel Attal a opposé aux réserves de l’Académie nationale de médecine l’avis positif rendu en 2018 par le Comité national d’éthique. “Ma conviction, c’est que ce serait méconnaître la situation d’énormément d’enfants” élevés aujourd’hui dans des familles homoparentales ou monoparentales, estime-t-il, refusant de considérer que les enfants élevés par des femmes seules seraient “des enfants gâchés”.

En définitive, conclut-il, “ce débat, il a été tranché dans la société. On voit bien qu’aujourd’hui les enfants ont la possibilité d’avoir des repères masculins, féminins dans leur entourage, dans l’entourage de leurs parents”. “Beaucoup d’enfants ont grandi dans des familles homoparentales, dans des familles monoparentales et finalement les choses se font parce qu’on est dans cette société-là”. 




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