mercredi , 23 octobre 2019
Accueil » Actualité » Pour Christine Renon, ces profs refusent l’hommage à Chirac

Pour Christine Renon, ces profs refusent l’hommage à Chirac

AFP

Christine Renon, directrice d’école à Pantin, a mis fin à ses jours le 21 septembre dernier, au sein même de son établissement scolaire. 

ÉDUCATION – Un faux dilemme. Ce lundi 30 septembre était placé sous le signe d’une journée de deuil national en l’honneur de l’ancien président de la République Jacques Chirac, décédé jeudi dernier.

Dans la circulaire publiée par le Premier ministre, les professeurs étaient invités à marquer une minute de silence et à consacrer un moment de leur cours à l’ex-chef d’État. Une consigne qui n’a pas convaincu tout le monde alors que le monde éducatif est encore sous le choc du suicide de Christine Renon. Cette directrice d’école maternelle (école Méhul) à Pantin a mis fin à ses jours le 21 septembre dernier, au sein même de son établissement scolaire. 

Dès l’annonce de la consigne ministérielle, des syndicats ont fait part de leur mécontentement dont Sud Éducation. “Compte tenu de l’actualité, les personnels auraient pu légitimement s’attendre à ce qu’une minute de silence soit observée à la mémoire de Christine Renon, directrice d’école à Pantin qui s’est suicidée sur son lieu de travail samedi 21 septembre. Il n’en sera rien”, publiait la formation sur son site internet avant d’ajouter: qu”il n’y a donc aucune bonne raison de rendre hommage à Jacques Chirac”. 

Même son de cloche du côté de SAIPER, le syndicat alternatif et indépendant du personnel éducatif de la Réunion, qui interprétait dans un communiqué publié dimanche le refus du ministre de l’Éducation nationale comme un nouvel acte de violence: “Ce refus signe encore une fois le mépris accordé à tout ce qui pourrait dévaloriser la politique ministérielle. Il est en effet difficile de se targuer d’une rentrée parfaite alors que notre collègue implique directement l’institution dans son geste. Que représente une minute pour une vie? Tout Monsieur le Ministre: nous ne pouvons plus tolérer cette maltraitance institutionnelle”. 

De son côté, le SNUIPP 93 a dénoncé la disproportion entre “la demande de minute de silence à effectuer lundi en hommage à Jacques Chirac et le silence assourdissant de l’Éducation nationale autour du décès de notre collègue Christine Renon est choquante”. C’est aussi enfin le cas du collectif de professeurs en colère, Stylos Rouges, qui a appelé à une minute de silence ce lundi, en homme à Christine Renon. 

Sur les réseaux sociaux, plusieurs professeurs, dont le philosophe René Chiche ont publiquement expliqué qu’ils avaient bien l’intention de rendre hommage à Christine Renon plutôt qu’à Jacques Chirac. Contacté par le 4Suisse le professeur explique qu’il n’est pas question de s’opposer à l’hommage à Jacques Chirac mais bien d’en rendre un aussi à Christine Renon. “Ce suicide, c’est la goutte d’eau dans l’Éducation Nationale. Ca passe beaucoup moins. Nous avons l’impression qu’à chaque fois, un couvercle est mis sur ce type de suicide. C’est pour cela que je tenais à faire une minute de silence aujourd’hui”, ajoute-t-il. 

Des prises de position qui ont valu à certains d’être accusés de sortir de leur devoir de réserve. 

Un appel à la grève et à la mobilisation a également été lancé pour ce jeudi 3 octobre, jour où doit intervenir le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail extraordinaire saisi par l’académie de Créteil. Le rôle de ce dernier est notamment d’enquêter sur les conditions de travail des agents pour s’assurer de leur sécurité. 




Première apparition