vendredi , 18 septembre 2020
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pour défendre son nouveau projet de loi, Boris Johnson dénonce la pression de l’UE


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Lors d’une séance de questions au Premier ministre au Parlement, Boris Johnson a accusé l’Europe de pressions pour justifier auprès des députés la nécessité de son nouveau projet de loi visant à soustraire Londres de certaines clauses de l’accord conclu avec Bruxelles sur le Brexit.

L’Union européenne n’a pas « retiré son revolver de la table », a affirmé devant les députés britanniques Boris Johnson, lundi 14 septembre, pour justifier le projet de loi visant à affranchir Londres de certaines clauses de l’accord de Brexit négocié avec l’Union européenne au mépris du droit international.   

À l’ouverture des débats à la Chambre des communes, le Premier ministre affirmé que le texte permettrait d’empêcher l’UE d’utiliser l’accord de séparation pour bloquer les exportations alimentaires du Royaume-Uni vers l’Irlande du Nord. « L’intention de ce projet de loi est clairement d’empêcher toute utilisation du bâton contre ce pays », a-t-il dit. « C’est à cela qu’il sert. C’est une protection, c’est un filet de sécurité, c’est une police d’assurance et c’est une mesure très raisonnable. » 

>> À lire : Brexit : l’Irlande dénonce les « mensonges » de Boris Johnson

Salir la réputation du pays 

Boris Johnson, qui dispose d’une majorité de 80 sièges à la Chambre des communes, doit faire face à la contestation d’une partie des élus conservateurs, de ses cinq prédécesseurs à Downing Street et de plusieurs de ses proches, comme l’ex-ministre des Finances Sajid Javid. « Enfreindre le droit international est une mesure qui ne devrait jamais être prise à la légère », a déclaré ce dernier dans un communiqué. 

De son côté, Ed Miliband, l’un des responsables de l’opposition travailliste à la Chambre, a reproché à Boris Johnson de salir la réputation du pays tout entier. 

« Jamais je n’aurais pensé que le respect du droit international puisse être, de mon vivant, un sujet de désaccord (au Parlement) », a-t-il dit. « Jamais je n’aurais pu imaginer qu’il vienne ici pour dire : ‘Nous allons légiférer pour enfreindre le droit international dans un accord que nous avons signé il y a moins d’un an’. » 

« Il salit la réputation de ce pays et il salit la réputation de son mandat », a-t-il ajouté à propos du Premier ministre. 

« Au nom de la reine »

L’ancien conseiller juridique de Boris Johnson, Geoffrey Cox, remercié en février, a estimé pour sa part dans The Times qu’il en allait du respect de la parole donnée « au nom de la reine ». 

L’accord de divorce prévoit des dispositions particulières pour l’Irlande du Nord regroupées dans un protocole qui vise : 

1. à éviter le retour à une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord et ne pas nuire ainsi aux accords de paix d’avril 1998 qui ont mis fin à trente années de « troubles » dans la province ;  

2. à préserver l’intégrité du marché unique européen en maintenant l’Irlande du Nord alignée sur un ensemble limité de règles de l’UE, notamment pour ce qui est des marchandises ; 

3. à maintenir l’Irlande du Nord dans le territoire douanier du Royaume-Uni. 

Ultimatum 

La décision de Boris Johnson a plongé de nouveau dans la crise les négociations entre Londres et Bruxelles, à moins de quatre mois de la mise en œuvre véritable du Brexit (le divorce est formellement entré en vigueur le 31 janvier dernier mais une période de transition court jusqu’à la fin de l’année pour permettre aux deux parties de s’accorder sur leur future relation). 

Les Européens, qui ont accéléré leurs préparatifs en vue d’une sortie sans accord, ont donné jusqu’à la fin du mois au gouvernement Johnson pour retirer ce projet de loi, un ultimatum rejeté par Londres. 

Mais certains diplomates estiment que le gouvernement Johnson tente un coup de force pour obtenir ce qu’il attend des négociations sur la future relation commerciale, ou sortir sans accord. 

Une « tactique » de négociation 

Le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney, y voit une « tactique » de négociation dans la dernière ligne droite des discussions. 

Boris Johnson accuse l’UE de menacer d’utiliser l’accord de séparation conclu en janvier pour ériger des barrières commerciales entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, et il évoque même le risque d’un blocus alimentaire. 

Mais le projet de loi dévoilé mercredi dernier par son gouvernement, l’Internal Market Bill, suscite une vive opposition à Bruxelles et au Royaume-Uni. 

Avec Reuters


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