mercredi , 22 janvier 2020
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Pour la réforme du bac, Monsieur Blanquer, revoyez votre copie!

Regis Duvignau / Reuters

Alors que ces épreuves devraient se dérouler à partir du lundi 20 janvier, elles génèrent d’ores et déjà un vaste mouvement de protestation et de contestation motivées par des raisons très objectives et extrêmement préoccupantes.

En cette rentrée de janvier, la réforme du baccalauréat imposée par le ministre Blanquer va connaître une étape cruciale et dans le même temps hautement problématique: il s’agit des E3c, épreuves ponctuelles portant sur les enseignements non évalués aux épreuves terminales, à savoir l’histoire-géographie, l’enseignement scientifique, la spécialité uniquement suivie en Première, les deux langues vivantes et l’EPS.

Alors que ces épreuves devraient se dérouler à partir du lundi 20 janvier, elles génèrent d’ores et déjà un vaste mouvement de protestation et de contestation motivées par des raisons très objectives et extrêmement préoccupantes.

Des irrégularités pédagogiques dans leur organisation

L’ouverture de la banque nationale des sujets a été retardée faute d’anticipation dans l’élaboration des sujets. Un certain nombre de sujets ont été choisis en toute incohérence avec la progression des enseignements et des relectures précipitées ont généré de nombreuses erreurs de forme et de fond. Enfin, la décision totalement imprévue d’introduire la numérisation comme support a aggravé les conditions matérielles et techniques de ces épreuves – écrans, postes informatiques, problèmes de réseau –

Une pression insupportable sur les chefs d’établissement et les enseignants

Les proviseurs de lycées se retrouvent seuls en première ligne pour organiser la préparation, la surveillance, la correction de ces épreuves, tout en ayant à négocier, voire à convaincre des enseignants qui, eux-mêmes non préparés et non formés doivent de surcroît assurer dans le même temps les cours pour les autres niveaux de classes.

Comble de l’absurde et de l’impréparation du ministère, les chefs d’établissements ont reçu un texte organisant les sanctions en cas de fraude tout en demandant aux établissements de ne pas configurer les salles en mode examen!

Conséquences de cette incroyable situation qui, convenons-en, s’apparente de la part du ministre à une forme de maltraitance des chefs d’établissements, le SNPDEN-UNSA, premier syndicat des personnels de direction, menace de ne pas mettre en œuvre les E3c si les conditions matérielles et humaines d’organisation et de correction ne sont pas réunies.

Des lycéens sans repère et angoissés

À l’évidence, l’instauration de notes de contrôles continus dès la classe de première plaçant de fait les élèves en situation de contrôle et d’évaluation quasi-permanent, les possibilités extrêmement réduites de mise en situation réelle et concrète de passation – les fameux « bacs blancs » démultiplient les situations anxiogènes, facteurs évidents d’aggravation des inégalités auxquels s’ajoutent la disparition du groupe classe et des conseils de classes vidés de leur contenu.

Au total, cette réforme du baccalauréat apparaît bel et bien marquée du sceau de la précipitation, de l’impréparation, de l’improvisation dont les équipes éducatives – chefs d’établissements, enseignants – et les lycéens sont les premières victimes face au stress, à la fatigue et à la pression qu’ils subissent dans sa préparation et dans sa mise en œuvre.

Comme le soulignent à juste titre les organisations syndicales des personnels enseignants et chefs d’établissement, les parents d’élèves, les associations de professeurs spécialisés, cette réforme du baccalauréat ne peut donc en l’état être appliquée.

Elle s’ajoute par ailleurs à une réforme du lycée imposée par le Ministre Blanquer, réforme présentée comme la panacée en matière d’orientation et de libre choix mais qui dans la réalité quotidienne de la vie des lycées et des lycéens se révèle être un leurre absolu.




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