mercredi , 23 septembre 2020
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qui, quand et où se faire tester ?


Depuis que le dépistage massif du Covid-19 a été mis en place en France et ailleurs, les laboratoires sont pris d’assaut. Mais la confusion règne sur les protocoles à suivre selon le pays. France 24 se penche sur les directives sanitaires concernant les deux grands types de tests disponibles – virologique et sérologique.

Face à la crainte d’une seconde vague, de nombreux pays ont opté pour le dépistage massif du Covid-19 afin d’isoler rapidement tout nouveau foyer de contamination et d’éviter un nouveau confinement. La France et le Royaume-Uni ont ainsi choisi de s’inspirer des modèles allemand, néo-zélandais et taïwanais, trois pays salués pour leur gestion de la pandémie avant l’été.

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Mais le dépistage massif a rapidement provoqué des files d’attente interminables devant les cabinets médicaux et les laboratoires. Entre les aoûtiens de retour de vacances, et les compagnies aériennes qui exigent que leurs clients se présentent avec des tests négatifs, les centres de dépistage ont été rapidement « saturés ».

Dépassés et fatigués, les professionnels de santé ont également dénoncé la confusion généralisée sur le protocole du dépistage. Aux États-Unis, par exemple, les autorités sanitaires ont affirmé, fin août, que les personnes exposées à des cas positifs de Covid-19 n’avaient finalement pas besoin d’être testées si elles ne présentaient pas de symptômes. Face au tollé de cette annonce, le directeur a voulu clarifier le protocole en affirmant que « le dépistage peut être envisagé » pour les cas contacts. Une formulation jugée peu claire qui a largement contribué à brouiller le message auprès du grand public.

Tester tout le monde ou les cas prioritaires

Dans les faits, les directives pour effectuer un test de dépistage sont établies en fonction du stade de l’épidémie dans un pays donné, mais aussi en fonction de la capacité des équipements.

Si le stock est limité, les autorités peuvent décider de tester uniquement des sous-groupes de cas suspects, d’après le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), une agence de l’UE. L’ECDC recommande de donner la priorité aux patients hospitalisés souffrant d’infections respiratoires graves, au personnel de santé symptomatique et aux personnes âgées souffrant de maladies chroniques sous-jacentes.

Plusieurs pays, qui ont généré suffisamment de stocks, encouragent désormais toute la population à se faire tester, même si les individus ne présentent pas de symptômes. C’est le cas de la France qui a annoncé, en août, la prise en charge des tests pour inciter les Français à se faire dépister. Mais les laboratoires et les centres de dépistage débordés par la demande finissent pas donner la priorité aux personnes ayant des symptômes, aux « cas contacts » et à celles qui disposent d’une prescription médicale.

Au Royaume-Uni, le National Health Service a, lui, recommandé de tester uniquement les personnes présentant des symptômes ou celles à qui on a demandé de le faire. « Cela permettra aux personnes qui ont besoin d’un test de le faire plus facilement », explique-t-il.

Virologique ou sérologique ?

Parmi les deux grands tests proposés dans les centres de dépistage Covid-19, il faut distinguer le test virologique PCR (qui signifie en anglais Polymerase Chain Reaction, soit réaction en chaîne par polymérase), réalisé en insérant un écouvillon [sorte de très long coton-tige] dans le nez du patient pour détecter la présence du virus, du test sérologique effectué, lui, à partir d’une prise de sang. Ce dernier détecte des anticorps afin de savoir si la personne a été infectée par le passé, même si elle n’a pas présenté de symptômes.  

Ce test sérologique n’a toutefois aucune utilité pour les personnes qui présentent des symptômes depuis moins d’une semaine. Un délai de sept à quatorze jours est nécessaire pour développer des anticorps.

À l’heure actuelle, les scientifiques n’ont toujours pas réussi à établir si un individu peut être contaminé deux fois par le Covid. Ils ignorent aussi si les taux d’anticorps diminuent avec le temps au point de devenir indétectables.

Selon une étude de la société britannique Cochrane, les tests sérologiques n’ont détecté, une semaine après les premiers symptômes, que 30 % des personnes atteintes du Covid-19. La précision a augmenté la deuxième semaine (70 %), ainsi que la troisième (plus de 90 %), avant de décliner les semaines suivantes.

Pour cette raison, il est conseillé aux personnes qui se font tester dans les huit jours suivant l’apparition des symptômes de passer un test PCR, car il détecte le virus plutôt que les anticorps.

Cependant, d’après certaines études, un test PCR sur cinq peut entraîner un « faux négatif », ce qui signifie que l’individu est porteur du virus mais que le test ne l’a pas détecté. En cause : une erreur humaine lors du test ou un mauvais timing, le virus n’étant pas présent dans le nez tout au long de la maladie. Pour cette raison, de nombreux experts recommandent de renouveler les tests PCR, en particulier si les symptômes persistent.

Dix jours d’isolement

Il est conseillé aux personnes qui présentent des symptômes de passer un test PCR dès que possible et de rester à l’isolement en attendant le résultat. Il en va de même pour son entourage, qui procédera également au test si le résultat est positif.

Dans les cas d’exposition plus limitée, comme prendre un verre avec une personne dont le test est positif par la suite, la personne devient alors un « cas contact » et doit attendre sept jours avant de passer le test PCR, pour permettre la période d’incubation du virus, et éviter de « faux négatifs ». Ceux dont le test PCR est négatif, qui développent toutefois des symptômes, doivent refaire un test.

Toute personne dont le test est positif doit rester confinée chez elle pendant au moins dix jours et ce, jusqu’à ce que tous les symptômes disparaissent.

Les responsables de santé dans la plupart des pays exigent actuellement deux tests PCR négatifs consécutifs, effectué à 24 heures d’intervalle, avant qu’un patient ne reprenne une vie normale.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme également que les personnes peuvent être considérées comme rétablies et non infectieuses dix jours après le début de leurs symptômes, à condition qu’elles ne présentent aucun symptôme pendant trois jours.

Cet article est une adaptation de la version anglaise, disponible ici.


Retrouvez cet article sur : AFP