mardi , 22 septembre 2020
Accueil » Actualité » Renault, Schell… Les chiffres mondiaux calamiteux de l’automobile et du pétrole

Renault, Schell… Les chiffres mondiaux calamiteux de l’automobile et du pétrole

ÉCONOMIE – Comme il fallait s’y attendre, avec la pandémie de Covid-19 qui a très fortement freiner l’économie mondiale, les secteurs automobile et pétrolier ont connu sur le premier semestre de l’année (ou le dernier trimestre écoulé) des pertes abyssales et historiques.

Le constructeur automobile français Renault a ainsi subi au premier semestre la perte nette la plus lourde de son histoire, à 7,3 milliards d’euros, plombé par son partenaire japonais Nissan et la crise sanitaire, a-t-il annoncé ce jeudi 30 juillet dans un communiqué.

Le groupe, déjà en difficulté avant la pandémie de coronavirus, et qui avait annoncé fin mai 15.000 suppressions d’emplois dans le monde (dont 4600 en France), a indiqué qu’il renonçait à toute prévision de résultat financier pour 2020 face aux incertitudes liées à la pandémie.

“La situation est sans précédent, elle n’est pas sans appel”, a commenté le nouveau directeur général, Luca de Meo, qui a pris ses fonctions au début du mois. “J’ai toute confiance en la capacité du groupe à rebondir”, a-t-il ajouté, cité dans le communiqué.

La perte historique s’explique principalement par la contribution du constructeur automobile Nissan, dont Renault possède 43% du capital. Cette participation a pénalisé le groupe au losange à hauteur de 4,8 milliards d’euros.

Ces chiffres contrastent avec ceux du rival français PSA (Peugeot, Citroën) qui a réussi à gagner de l’argent au premier semestre malgré la crise, avec un bénéfice net de 595 millions d’euros.

Mais Renault (qui regroupe aussi les marques Dacia, Lada, Alpine et Samsung Motors) souffre de surcapacités de production au niveau mondial. Il a été particulièrement frappé par la chute du marché liée à la crise sanitaire.

Le chiffre d’affaires a plongé de 34,3% sur les six premiers mois de l’année, à 18,4 milliards d’euros.

Perte de 18 milliards de dollars pour Shell

De son côté, le géant des hydrocarbures Royal Dutch Shell a annoncé ce jeudi une perte nette abyssale de 18,1 milliards de dollars au deuxième trimestre, du fait d’énormes dépréciations d’actifs reflétant un marché pétrolier déprimé par la pandémie.

Le groupe anglo-néerlandais, qui avait dégagé un bénéfice net de 3 milliards de dollars un an plus tôt, explique dans un communiqué avoir passé dans ses comptes trimestriels une charge de 16,8 milliards de dollars, dont il avait déjà dévoilé l’ampleur fin juin.

Shell, comme son concurrent BP, a choisi de passer cette énorme dépréciation sur un seul trimestre pour l’heure, quitte à publier une perte monstre.

Le groupe a été contraint de réviser à la baisse la valeur de ses actifs compte tenu de la faiblesse durable des prix du pétrole en raison d’une demande laminée par la crise sanitaire.

Les cours du pétrole se sont effondrés à partir de mars, passant même brièvement en négatif en avril avant de se reprendre pour le reste du deuxième trimestre, pour tourner désormais autour de 40 dollars, un niveau bien inférieur à celui observé l’an passé.

Non seulement la demande est plombée par la crise économique liée à la pandémie, mais l’offre reste abondante malgré les efforts des pays de l’Opep et de ses alliés comme la Russie de réduire leur production pour soutenir les prix.

Même perte nette abyssale chez le géant italien des hydrocarbures Eni, qui a revu à la baisse ce jeudi son plan d’investissements. Le perte trimestrielle atteint 4,4 milliards d’euros et est liée à d’énormes dépréciations d’actifs.

Elle est néanmoins un peu moins importante qu’attendu. Selon le consensus du fournisseur d’informations financières Factset Estimates, les analystes tablaient en effet sur – 4,8 milliards d’euros, contre un bénéfice net de 424 millions un an plus tôt.

Au total sur le semestre, la perte s’élève à 7,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires trimestriel a de son côté chuté de 56%, à 8,15 milliards d’euros, bien inférieur aux attentes (13,35 milliards).




Première apparition