dimanche , 29 mars 2020
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Rome obtient du sommet de l’UE l’examen de mesures plus « fortes » contre le coronavirus


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L’Italie a menacé jeudi de refuser d’avaliser la déclaration commune du sommet européen si les 27 ne fournissaient pas une riposte économique « forte et adéquate » à la crise du Covid-19. L’Eurogroupe doit donc présenter de nouvelles propositions d’ici 15 jours.

Les 27 pays de l’Union européenne (UE) ont accepté jeudi 26 mars, sous la pression de l’Italie, d’examiner sous 15 jours des mesures plus fortes pour faire face à la récession annoncée. « Nous reconnaissons pleinement la gravité des conséquences socio-économiques de la crise Covid-19 et nous ferons tout ce qui est nécessaire pour relever ce défi dans un esprit de solidarité », ont-ils affirmé dans une déclaration commue. Les dirigeants européens ont demandé à l’Eurogroupe de « présenter des propositions dans un délai de deux semaines » pour permettre de « renforcer la réponse par de nouvelles actions (…) à la lumière des développements, afin d’apporter une réponse globale ».

Ces nouvelles propositions ont été imposées par l’Italie et l’Espagne, qui ont réclamé une riposte économique « forte et adéquate » de la part des 27. Lors d’un sommet laborieux, Rome a menacé de refuser d’avaliser la déclaration commune si cette demande n’était pas prise en compte. « Il s’agit ici de réagir avec des instruments financiers innovants et réellement adéquats à une guerre que nous devons mener ensemble pour la gagner le plus rapidement possible », avait averti le président du conseil italien Giuseppe Conte.

Mercredi, neuf dirigeants européens, dont Giuseppe Conte mais aussi le Français Emmanuel Macron, avaient exhorté à « travailler à un instrument » pour lancer un emprunt commun à toute la zone euro, y voyant le fondement d’une économie européenne plus solidaire.

Angela Merkel opposée aux « corona bonds »

Mais l’idée de mutualiser les dettes de pays de la zone euro, qui faciliterait l’emprunt des États du sud, ne plait guère à l’Allemagne et aux Pays-Bas. La chancelière allemande Angela Merkel d’ailleurs clamé haut et fort à l’issue du sommet son opposition à ce que l’on surnomme les « corona bonds ». « Ce n’est pas la conception de tous les États membres » d’émettre ces emprunts européens communs, a-t-elle dit. Un rejet soutenu par son homologue néerlandais Mark Rutte.

Lors de ce sommet par vidéoconférence de plus de six heures, les dirigeants ont cependant validé la suspension des règles européennes de discipline budgétaire, ce qui leur permettra de dépenser autant que nécessaire pour lutter contre le virus et ses conséquences.

De son côté, le Parlement européen a approuvé jeudi très largement des mesures d’urgence en réponse à la crise du coronavirus, lors d’une session extraordinaire à Bruxelles où les votes se faisaient exceptionnellement par courrier électronique.

Les eurodéputés approuvent des mesures de soutien

Les eurodéputés ont ainsi voté l’Initiative d’investissement en réaction au coronavirus, permettant de mobiliser 37 milliards d’euros de fonds de l’UE. L’aide doit servir à soutenir les systèmes de santé, les petites et moyennes entreprises, le marché du travail et les secteurs économiques les plus vulnérables face à la pandémie.

Le Parlement a aussi validé la suspension temporaire des règles européennes sur les créneaux dans les aéroports. Ces règles contraignent les compagnies aériennes à utiliser au moins 80 % des créneaux horaires qui leur sont attribués dans les aéroports, faute de quoi elles perdent leurs droits la saison suivante. Afin d’éviter que les compagnies ne fassent voler des avions à vide pour garder ces créneaux, il est prévu que ces règles soient suspendues au moins jusqu’en octobre.

Les députés européens ont enfin validé l’extension du Fonds de solidarité de l’UE, jusque-là destiné à répondre aux catastrophes naturelles, pour qu’il couvre aussi les urgences sanitaires.

Avec AFP

  


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