mardi , 4 août 2020
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Ségur de la Santé: Castex salue un accord « historique », mais…

AFP

Jean Castex, ici à l’hôtel Matignon à Paris, le 13 juillet 2020.

SÉGUR DE LA SANTÉ – Le Premier ministre Jean Castex a salué ce lundi 13 juillet les accords salariaux signés dans le cadre du “Ségur de la santé”, qui octroient 8,1 milliards d’euros aux personnels hospitaliers, évoquant un “moment historique” pour le “système de santé”.

“Cet effort historique se veut d’abord une reconnaissance considérable à l’égard de celles et ceux qui ont été en première ligne dans la lutte contre cette épidémie”, a déclaré le chef du gouvernement à l’issue de la cérémonie de signature de ces accords, organisée à Matignon.

Ces accords, conclus après sept semaines de négociation tendues, profiteront à “tous les personnels hospitaliers”, “quelle que soit leur catégorie, quel que soit l’établissement ou le service dans lequel ils travaillent”, a-t-il ajouté.

Selon le chef du gouvernement, qui s’exprimait aux côtés du ministre de la Santé Olivier Véran, les “accords de Ségur” sont “d’abord une reconnaissance considérable à l’égard de celles et ceux qui ont été en première ligne dans la lutte contre cette épidémie”.

“Je n’ai pas de mal à dire qu’en ce sens, au-delà de la reconnaissance de leur action, il s’agit d’une forme de rattrapage par rapport à des années de retard ou chacune et chacun, et peut-être moi-même a sa part de responsabilité”, a-t-il insisté.

Arbitrages “incompréhensibles” et “simulacre de négociations”

Les “accords de Ségur” prévoient une enveloppe de 7,5 milliards pour les personnels paramédicaux (infirmiers, aides-soignants) et autres non médicaux (techniciens, agents administratifs…), avec à la clé une hausse de salaire de 183 euros net mensuels pour les salariés.

Concernant les médecins, une enveloppe de 450 millions d’euros a été mise sur la table, destinée principalement à augmenter l’indemnité de “service public exclusif”, versée aux praticiens qui s’engagent à ne travailler que dans les hôpitaux publics.

L’accord sur les personnels non médicaux a été signé par trois syndicats majoritaires: FO, la CFDT et l’Unsa. Les deux autres syndicats représentatifs (CGT et SUD) n’ont pas souhaité le valider.

Concernant les médecins, trois syndicats majoritaires ont également donné leur feu vert: l’INPH, le CMH et le Snam-HP. Les deux autres syndicats représentatifs (APH et Jeunes médecins) ont dénoncé des arbitrages “incompréhensibles” et un “simulacre de négociations”.

Ce protocole d’accord “constitue une avancée, mais il manque trop d’éléments pour qu’on puisse le signer”, a affirmé lors d’une conférence de presse Jean-François Cibien, du syndicat Action Praticiens hôpital (APH). “Ce sont les débuts de carrière qui sont sacrifiés, alors qu’ils sont l’avenir de l’hôpital”, a ajouté Lamia Kerdjana, du syndicat Jeunes médecins.

“Cet accord n’est pas majoritaire, c’est un mensonge!”

Pour ces deux syndicats, l’accord ne permet pas de répondre au manque d’attractivité des carrières médicales à l’hôpital public, bien moins rémunératrices que dans le secteur privé. Notamment car il ne change rien au décompte et à la rémunération des nombreuses heures de garde de nuit.

“Comment aborder une nouvelle crise sanitaire si on fait fuir les médecins?”, s’interrogent APH et Jeunes Médecins, qui demandent en conséquence l’ouverture à l’automne “d’états généraux pour l’attractivité des carrières hospitalières”. 

“Cet accord n’est pas majoritaire, c’est un mensonge!” s’est exclamé Patrick Pelloux, de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), qui a réclamé un “big bang” pour attirer les jeunes générations de médecins vers une carrière à l’hôpital public.

Ces accords salariaux, au coeur des discussions menées depuis fin mai sous la houlette de Nicole Notat, ne sont que l’un des volets du “Ségur de la santé”, destiné à améliorer les conditions de travail des soignants et la prise en charge des patients.

Les trois autres volets, qui portent sur l’investissement et le financement des hôpitaux, la gouvernance, et l’organisation territoriale du système de soins, feront l’objet d’annonces “très fortes” dans les prochains jours, a assuré Olivier Véran.




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