dimanche , 27 septembre 2020
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Sénatoriales: EELV veut un groupe au parlement après les glorieuses municipales

POLITIQUE – C’est peut-être un détail pour vous, mais pour eux ça voudrait dire beaucoup. Absents -ou presque- de l’Assemblée nationale comme du Sénat, les verts veulent se faire entendre au Parlement. Et pour cause, à l’heure où l’écologie politique a le vent en poupe, EELV ne compte que 4 représentants au Parlement sur un total de 925 élus.

Une situation paradoxale à laquelle les élections sénatoriales du dimanche 27 septembre pourraient mettre fin. Le palais du Luxembourg renouvelle près de la moitié de ses membres: au total, 172 sièges sont à pourvoir. “Nous avons la possibilité d’avoir au moins cinq ou six nouveaux élus”, veut croire la sénatrice Esther Benbassa, une des rares écolos au Sénat, dans une série où la formation ne compte aucun élu sortant.

C’est peu, sur un total de 348 parlementaires à la chambre haute. Mais c’est suffisant pour créer un nouveau groupe politique avec les quatre écolos déjà locataires du Sénat, l’objectif assumé d’Europe Écologie-Les Verts.

“Prendre la relève de nos maires”

Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, et les ralliements qui l’ont accompagnée, les écolos n’ont plus suffisamment de troupes pour se structurer, le seuil minimum étant fixé à dix élus au Sénat.

“Nous avons eu un groupe de 2012 à 2017 avec lequel nous avons fait beaucoup de choses intéressantes. En créer un nouveau s’inscrirait dans la montée en puissance des écologistes”, nous raconte Esther Benbassa, lorgnant déjà sur la suite: “Après il y aura les départementales, les régionales, puis la présidentielle. Europe Écologie-Les Verts est un mouvement plein d’avenir qui s’approche du pouvoir, c’est pour cela qu’il est important d’avoir un groupe parlementaire.”

Dans le détail, les verts veulent capitaliser sur leurs bons scores aux municipales dans le Rhône, après l’élection de Grégory Doucet à Lyon, en Gironde après la prise de pouvoir de Pierre Hurmic à Bordeaux, ou encore dans le Bas-Rhin après la victoire de Jeanne Barseghian à Strasbourg. Dans ces territoires EELV va pouvoir compter sur ses “grands électeurs”, composés à 96% de conseillers municipaux, pour envoyer leurs candidats au Sénat.

Une façon aussi de “prendre la relève de ce que font (nos) maires”, selon Esther Benbassa. “Avoir dix à douze voix au Sénat nous permettra de prendre la relève de ce que font nos maires. On fera front à l’écolo-bashing, très amplifié ces derniers temps et on essayera de porter haut la transition écologique”, explique l’élue de Paris au HuffPost, louant les mérites des parlementaires verts: “Les écolos dans les institutions sont vraiment très travailleurs, inventifs.” 

Un groupe parlementaire, ça change quoi?

Actuellement, les quatre sénateurs plus ou moins estampillés EELV sont éclatés au sein du palais du Luxembourg. Ronan Dantec et Joël Labbés siègent au sein du groupe hétéroclite Rassemblement Démocratique et Social Européen quand Esther Benbassa et Guillaume Gontard sont rattachés aux Communistes.

Une position qui n’est pas la plus aisée pour ces élus. “Vous êtes l’hôte d’un groupe, vous n’avez pas les mêmes relations que partagent ces Sénateurs et Sénatrices avec le Parti communiste, vous êtes là comme un élu de l’extérieur qui a moins de voix pour porter ses propositions ou ses combats”, détaille Esther Benbassa. D’où l’importance à ses yeux de former un groupe pour “graver des amendements dans le marbre, déposer des textes, participer aux missions, aux commissions d’enquête.”

Concrètement, les élus organisés en groupe jouissent de davantage de temps de parole pour défendre leurs positions, mais également d’une dotation financière du Sénat pour leur permettre d’organiser leur fonctionnement. Un rôle d’autant plus important que le Sénat, dont la majorité est à droite, retrouve ses lettres de noblesse et son rôle de contre-pouvoir sous le quinquennat Macron.

À peine dessiné, certains se verraient déjà bien prendre la tête de ce collectif. “Si je suis présidente d’un groupe…”, souffle Esther Benbassa avant de s’interrompre: “Enfin, on ne va pas faire de château en Espagne.” Ni vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. 

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