mercredi , 30 septembre 2020
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Submergée par les arrivées de migrants, l’île italienne de Lampedusa menace de se mettre en grève


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Alors que près de 370 nouveaux migrants, et 49 migrants « fragiles » du navire affrété par Banksy, ont été transportés à Lampedusa, le maire de l’île italienne appelle à une « grève générale ». Celui-ci craint pour la situation sanitaire de l’île.

La petite île italienne de Lampedusa, dont le principal centre d’accueil est saturé en pleine pandémie de Covid-19, a encore accueilli, dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 août, près de 370 nouveaux migrants. Une situation « sans précédent » qui a poussé son maire à appeler à une « grève générale » pour faire réagir le gouvernement.

« Baissons les volets, le gouvernement national continue à maintenir un silence effrayant », a lancé Toto Martello, dans un communiqué.

Dans la nuit de samedi à dimanche, l’île a accueilli un vieux bateau de pêche qui transportait 367 migrants, selon un chiffre revu à la baisse par les autorités locales. Transportant notamment 13 femmes et 33 mineurs, d’après le maire de Lampedusa, il risquait de faire naufrage en raison de vents violents et a été escorté par les gardes-côtes italiens et la police jusqu’au port, précise l’agence de presse italienne Ansa.

Quand ils ont débarqué dans le port, les attendait une manifestation organisée par La Ligue (parti d’extrême droite).

Depuis vendredi, une trentaine de petites barques, venues majoritairement des côtes tunisiennes, avaient déjà gagné l’île en y débarquant quelque 500 migrants, recense la presse italienne.

« Mais que font les navires militaires ? »

Évoquant « une situation sans précédent », le maire de Lampedusa a annoncé la convocation lundi des représentants des associations professionnelles de l’île pour déclarer « une grève générale ». 

« Si un bateau de pêche de cette taille avec des centaines de personnes arrive ici et que personne ne le remarque, cela signifie qu’il n’y a pas de contrôles en Méditerranée. Mais que font les navires militaires ? Nous ne sommes pas en guerre, pourquoi ne sont-ils pas utilisés pour des interventions de sécurité en mer et pour transférer des migrants ? », s’interroge-t-il.

« Au-delà de ce qui est humainement possible d’endurer »

Le centre d’accueil d’urgence de Lampedusa abrite déjà 1 160 migrants, soit dix fois sa capacité maximale. Il est « débordé au-delà de ce qui est humainement possible d’endurer », s’est indigné le maire. 

Craignant pour la situation sanitaire de l’île, Toto Martello a mis en garde : « Les personnes en danger doivent être aidées, mais l’accueil humanitaire a besoin de règles car ici, maintenant, nous sommes en danger ».

Le président de la région Sicile, Nello Musumeci, a, lui, réclamé dimanche au gouvernement, sur son compte Facebook, une réunion de « crise humanitaire et sanitaire ». « Lampedusa n’y arrive plus. La Sicile ne peut pas continuer à payer l’indifférence de Bruxelles et le silence de Rome », a tonné l’élu, président de région grâce à une alliance de droite et d’extrême droite. 

Il avait pris un décret il y a une semaine pour fermer tous les centres d’accueil de migrants de Sicile (dont Lampedusa fait partie), dénonçant des conditions d’hygiène intenables avec l’épidémie de Covid-19. La démarche a été rejetée par la justice italienne.

49 migrants du navire affrété par Banksy, transportés à Lampedusa

Les gardes-côtes italiens ont aussi transporté, samedi jusqu’à Lampedusa, 49 personnes jugées fragiles, essentiellement des femmes et des enfants, qui avaient été secourues en Méditerranée par le Louise Michel, affrété par l’artiste de rue Banksy.

Les 150 autres passagers du Louise-Michel ont tous été transférés samedi soir sur le Sea-Watch 4, qui totalise désormais 350 passagers.  

Selon le compte Twitter de ce bateau affrété par l’ONG allemande Sea-Watch et l’organisation Médecins sans frontières (MSF), des migrants sont soignés par leurs équipes médicales pour « brûlures de carburant, déshydratation, hypothermie et blessures traumatiques ». 

Avec AFP


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